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  • chronique de Gabriel #07

    4f9fbdb47d79b39b174f8ca899148072.gifIvanhoé à la rescousse

    William Makepeace Thackeray

    Castor Astral, 14 €

    9782859206642

     

    Voilà une découverte que j’ai faite en rangeant les rayons. Parodie musclée, roman de chevalerie burlesque, Ivanhoé à la rescousse est une suite improbable à l’Ivanhoé de Walter Scott et une justice personnelle faite au personnage de Rebecca. Thackeray qui aurait pu être un aïeul des Monty Pythons nous offre une petite perle dynamitée, ainsi qu’une critique déguisée de la société aristocratique anglaise du début du 19ème siècle. Un vrai plaisir.

  • le petit dossier de simon #01

     Le manga et la musique
     
    Le Japon est depuis pas mal d’années un pays où il se passe un tas de choses intéressantes au niveau de la musique contemporaine. Du rock déchaîné à la scène électro débordante d’énergie, nombres de groupes japonais ont déjà une reconnaissance internationale. Il est normal de retrouver ce phénomène dans un des médias les plus répandus là-bas : le manga. La musique est en effet devenue un toile de fonds pour beaucoup de ces BD. Pour quelques-unes, c’est même devenu le sujet principal.
    En France, le manga a explosé et on est enfin sorti des mangas « super-héros oranges qui lancent des boules de feu » pour voir arriver des mangas plus matures et mieux écrits.
    Normal alors que les éditeurs français se mettent également à éditer des « mangas musicaux ». Gros plan sur quelques exemples…
     
     

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    Beck
     

    (Sauishi Harold, Delcourt Akata, 7.25 €)
    Sans doute le plus littéraire, Beck évoque la découverte et la passion de la guitare d’un jeune ado un peu paumé. Un jour, il rencontre un musicien rebelle et celui-ci devient vite son modèle.
    Ce manga sonne très juste. On voit le héros bosser ses gammes pour réussir. La musique n’est pas montrée comme quelque chose de simple, d’acquis. Il traite également des rêves, de la passion, de l’acharnement… un super manga, en fait !

     

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    Nana

    (Yazawa Ai, Delcourt Akata, 5.25 €)
    Deux jeunes filles, toutes deux prénommées Nana se rencontrent dans un train. Tout les sépare, le style, la culture musicale, la façon d’être et pourtant elles deviennent les meilleurs amies du monde. Dans ce manga, on est plongé immédiatement dans l’univers du rock et des concerts. La première Nana est chanteuse et rêve de percer à Tokyo. La seconde n’est qu’une fan d’un groupe à la mode quand elle vivra une histoire avec l’un de ces membres…
    Même si cela reste un manga sentimental, Nana a la force de parler simplement des relations humaines. Il plaît donc à tous les publics et permet de découvrir par l’univers du rock la vie des 20-30 ans japonais.

     

    288993047b0696d66bc4823f8fbc3dfc.jpg Bremen

    (Umezawa Haruto, J’ai Lu, 5.80 €)
    Beaucoup plus trash, Bremen, l’histoire de Romio Kasuga, un ado particulièrement doué pour la … baston. Il est avide de pouvoir et de richesse et veut réussir par tous les moyens. Il rencontre Reiji, guitariste extrêmement doué qui rêve de percer dans la musique. Tous deux vont s’unir pour créer Bremen, un groupe de rock qui déménage.
    Bien déjanté, très drôle, ce manga assez court (8 volumes) décrit avec humour la scène métal.

     

     

    6e17b905d6aa65aa4f89c1f76a58beac.jpg One

    (Lee Vin, Asuka, 7.95 €)
    One est avant tout un shojo (une histoire qui met en avant les aventures sentimentales d’adolescents) mais il permet également de bien décrypter et de critiquer le phénomène de la starisation de la musique et des méfaits d’un show business aux dents longues.

     

     

     

     

    54a991e80ae2d0309882fada0369d8df.jpg CowBoy Bebop

    On ne peut pas parler de musique et de manga sans citer Cowboy Bebop (la série animée et non le manga papier nettement inférieur !). Courrez louer ou acheter cette série désormais mythique. La bande son est absolument magnifique, hommage incessant aux plus grands noms de la musique en général (jazz, funk, rock, 70’s…). C’est absolument superbe et donne aux histoires de ce chasseur de prime du futur un goût particulièrement cool.

     

     

     … d’autres titres à découvrir :
    Gravitation (Murakami Maki, Punch comics, 6.50 €)
    Cyber Idol Mink (Tachikawa Megumi, Soleil, 6.95 €)

    Et chez les coréens
    Audition (Young Chun Kye, Saphira, 6.95 €)
    Take five
    (You Sang Jin, 7.50 €)

  • nos meilleurs voeux

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  • le petit dossier de Gabriel #02

    c655f489512cbef107a352d704893167.gifJimmy Beaulieu et l’écurie Mécanique Générale
    Quelques pelures, Résine de synthèse, Le moral des troupes...

    Dilettante du dessin et musicien de la BD, Jimmy Beaulieu est un acteur important de la scène BD montréalaise. Venue à la BD un peu par hasard, il a fait tous les métiers possibles autour de l’art séquentiel (libraire, éditeur, conférencier, commissaire d’exposition...) avant de se consacrer à la production de ses propres projets et à son poste de « coach » (directeur de collection) chez Mécanique Générale. Fin des années 90, il publie ses premières BD et participe à la création des éditions de La Pastèque, de la revue Spoutnik et du centre de diffusion F-52. En 2001, il créé avec deux collègues dessinateurs, Leif Tande et Sébastien Trahan, accompagné de Luc Giard, Benoît Joly et PhlppGrrd, l’écurie Mécanique Générale, collectif de six auteurs et maison d’édition. MG explore le médium de l’image séquentielle à bulles avec liberté et poésie, selon les propres envies de leurs auteurs. Véritable laboratoire de création, les éditions MG publient les projets personnels de leurs auteurs mais aussi des petits nouveaux comme des plus confirmés (MG vient d’éditer Véro d’Edmond Baudoin), des collaborations et des collectifs d’auteurs.

    Avec un dessin souvent proche du crayonné, et un trait hérité de la ligne claire, rapide et efficace, Jimmy Beaulieu nous raconte des histoires du quotidien, des petits riens aux grands moments, sa vie est une source d’inspiration constante ainsi que sa ville d’adoption, Montréal. Dans Quelques pelures et Résine de Synthèse, qui se répondent, il nous raconte la solitude, la recherche de l’âme soeur puis une fois sa blonde trouvée, la vie commune, le tout arroser d’une bonne dose d’ironie et d’autodérision. Dans Moins vingt-deux degrés Celsius, son album le moins personnel et écrit en trois jours, Beaulieu exprime la solitude d’une femme en manque d’affection qui se réfugie avec son chat dans le visionnage des films de Steve McQueen. (A voir presque uniquement pour le dessin de cette femme belle et fragile). Le moral des troupes, qui doit être sa BD la plus aboutie, reprend le cours autobiographique de Beaulieu à Montréal, sa nouvelle vie avec sa blonde, sa relation aux femmes et au monde, qu’il déplore froid et cynique. Dans la veine roman graphique (le livre compte plus de 150 pages), il se replonge également dans son enfance, sa vie à Québec, la famille et les copains d’enfance. Est à paraître bientôt, son dernier album, Ma voisine en maillot, qui traitera à l’inverse de Moins vingt-deus degrés Celsius, de l’exubérance estivale et d’une histoire d’amour qui peut se consacrer à elle seule pendant le temps d’une coupure générale d’électricité.

    Gabriel / M’Lire