05.07.2008
La première loi T01 L'éloquence de l'épée - chronique de Guillaume # 13
La première loi T01 L’éloquence de l’épée
Joe Abercrombie
J’ai lu - 24.90 €
Un guerrier barbare légendaire au majeur manquant tombé plus bas que terre. Un jeune officier brillant et impressionnant d’arrogance se préparant pour un prestigieux tournoi d’escrime. Et, cerise sur le gâteau, un inquisiteur délicieusement sadique lui-même autrefois victime des pires sévices. Tous trois, entourés d’autres personnages non moins savoureux, évoluent simultanément dans un monde en ébullition, à la veille d’une terrible guerre, devinant chacun de leur côté l’existence de complots d’envergure sans en saisir les tenants et aboutissants.
Premier tome d’une trilogie, ce roman de fantasy tient ses promesses tant grâce à sa fluidité narrative qu’à la richesse de ses personnages qui n’est pas sans rappeler la fameuse Compagnie Noire de Glenn Cook, (à lire absolument si ce n’est déjà fait !!!). L’histoire, dénuée de tout manichéisme, n’en est qu’à ses débuts mais l’auteur britannique, qui signe là son premier livre, nous tient en haleine avec brio tout au long du récit et nous laisse à la fin en proie à une insupportable question : quand paraîtra le second tome ??? La réponse est réjouissante : le mois prochain et ça s’appellera Avant qu’on ne les pende.
Je profite de cette chronique pour glisser trois petits conseils fantasy succinctement commentés qui enchanteront vos vacances sans coup férir :
- Les Chroniques de Tramorée de Javier Negrete : 2 tomes parus à l’Atalante pour cette trilogie qui n’a pour seul défaut temporaire que celui d’être incomplète, une magnifique alchimie entre le pouvoir d’évasion propre au genre et la créativité narratrice d’un Tolkien à l’espagnole.
- L’Assassin royal de Robin Hobb (13 tomes chez Pygmalion en grand format et J’ai lu en poche) : immense succès (mérité) pour cette longue saga grâce à la subtilité scénaristique mais aussi la plume remarquable de son auteur.
- Jonathan Strange et Mr Norrell de Suzanna Clarke chez Robert Laffont : pavé et ovni, tout en subtilités et suggestions, tableau romantique et critique sociale, ce livre magistral parvient à construire un monde magique parallèle, d’une complexité architecturale vertigineuse, au sein de l’Angleterre victorienne.
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28.06.2008
Portraits du jour - chronique de Gabriel #17
Grand reporter et journaliste de la presse écrite, Marc Kravetz a travaillé du milieu des années 70 jusqu'au milieu des années 90 à Libération. Spécialiste du Proche et Moyen Orient, il collabore à France Culture depuis 2003 où il anime une chronique quotidienne dans les Matins de France Culture, intitulée Portrait du jour. Essentiellement basées sur l'actualité et sur l'oral, ces petites chroniques n'étaient aucunement destinées à être posées sur le papier. Mais voilà qu'une rencontre avec les éditions du Sonneur va faire changer d'avis à cet homme avant tout de l'écrit qu'est Marc Kravetz. Et l'aboutissement de ce projet fait de ce livre une vraie réussite.
Livre qui pourrait se définir comme objet autant que comme texte informatif et littéraire. Petit format compact, ce recueil propose 150 histoires pour un tour du monde (sous-titre du livre), choix large et restreint pour une émission qui en compte environ 600. On se penche au dessus, on déploie les deux rabats de couverture qui nous plonge d'entrée dans un planisphère localisant tous les portraits puis peu à peu on se laisse tomber avec délice dans ces histoires du quotidien, des histoires d'anonymes qui un jour voient leur vie exposée dans la presse et à travers leur(s) singulière(s) expérience(s) nous dévoilent une actualité, une vision du monde, décalée mais toujours à propos, juste. Chaque portrait étant accompagné par une carte et de trois faits marquants du jour, c'est une plongée dans notre passé récent qui nous remet en situation et nous renseigne sur ce qu'il se passe dans le reste du monde. La verve de Marc Kravetz si l'on prend plaisir à l'écouter le matin, se retrouve dans ces instantanés transcrits dans une écriture fluide et quasi-romanesque à la manière du journalisme anglo-saxon. Des petites histoires pour tenter de raconter la grande.
Un bonheur à lire. Un livre que l'on prend dans n'importe quel sens. Des portraits d'hommes et de femmes mais aussi d'animaux dures, tendres, féroces, tristes et parfois pleines d'espoir qui nous font voyager dans ce que nous faisons de notre monde et comment il agit sur nous.
Je tiens à remercier en finissant cette chronique, Marc Kravetz, qui nous a fait le plaisir de venir nous (et vous) rencontrer le vendredi 13 juin. Ce fut un plaisir de discuter avec lui ainsi que de l'écouter. C'est un très bon raconteur d'histoires et pour ceux qui ne le connaîtraient pas, plongez vous dans ce recueil, c'est une petite merveille. Pour ceux qui seraient intéressés ou curieux des éditions du Sonneur je vous donne leur adresse internet, allez voir c'est un super site, http://www.editionsdusonneur.com/.
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01.06.2008
La princesse des glaces-chronique de Delphine#08
La princesse des glaces
Camilla Läckberg
Actes Sud-21€
9782742775477
Après l’immense succès de la trilogie Millénium , le polar scandinave n ‘a pas fini de faire parler de lui.
A la mort de ses parents, Erica Falk, écrivain, s’installe dans leur maison dans le petit port de pêche de Fjällbacka. A peine arrivée, elle découvre le cadavre de son amie d’enfance, les poignets tailladés, au fond de sa baignoire. Tout porte à croire qu’il s’agit d’un suicide. Et pourtant, Erica se persuade très vite du contraire. Elle décide alors de mener l’enquête, épaulée par l’inspecteur Patrik Hedström. Au fil de ses investigations, elle revient sur un passé qu’elle croyait révolu, se heurtant aux non-dits des habitants et aux secrets les plus incroyables.
Intelligent, sombre, complexe, on découvre un polar de très grande qualité qui garde le lecteur en haleine. On suit avec délectation et excitation les personnages, croqués avec justesse et tous enclins à être suspects!
La princesse des glaces est le premier volet d’une série de cinq polars mettant en scène les aventures d'Erica Falk. Il ne reste plus maintenant qu'à se doter de patience avant de découvrir le prochain !
Delphine Bouillo
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27.05.2008
Rencontre avec SYLVAIN ROSSIGNOL - auteur du roman Notre usine est un roman
RENCONTRE DEDICACE
à la librairie M'LIRE
le vendredi 30 mai
à partir de 18H
avec
SYLVAIN ROSSIGNOL
autour de la sortie du roman
Notre usine est un roman
C'est un énorme plaisir pour nous de recevoir Sylvain Rossignol pour la sortie de son roman Notre usine est un roman. Comme Sylvain est un ami, nous avons un peu suivi la génèse du projet et c'est toujours émouvant de voir les projets des copains aboutir. Sauf qu'au début cela ne devait pas prendre cette dimension. Quand Sylvain m'en a parlé pour la première fois, il y a deux ans maintenant, ce projet était juste une commande d'une association d'anciens salariés qui voulaient parler de leur expérience et de l'histoire de leur usine, Roussel Uclaf, l'une des plus grandes entreprises pharmaceutiques de l'après guerre. 4000 employés, 40 ans d'histoire, de luttes, de rachat pour arriver en 2006 au désastre : 660 licenciements et la fermeture définitive d'un site historique de l'industrie française. Après cela, il fallait trouver la forme. Documentaire ? Fiction ? Essai ?
Finalement, Sylvain Rossignol a décidé que cela serait un peu tout cela et c'est là la grande force de cet ouvrage. Il a pris toutes ces formes, les a mélangées et digérées et puis il a commencé son réel travail d'écrivain. Et là on ne peut dire que bravo ! Ce livre se mange littéralement. Alors qu'on pouvait craindre une narration un peu linéaire (purement historique) ou redondante (succession de témoignages), la forme littéraire et romancée qu'a choisie l'auteur permet un rythme enlevé dans la narration et tient en haleine le lecteur. Plusieurs personnages (inventés ou du moins inspirés) sont mis en avant et seront la ligne conductrice de toute l'histoire de l'usine (cette fois bien réelle et documentée). On s'attache donc à la galerie de personnages mis en scène pendant qu'on apprend toute l'épopée de cette entreprise historique. Ce livre se lit comme une saga.
Par contre, au delà du réel travail d'écrivain qui nous entraîne dans une lecture aisée et plus qu'agréable, c'est surtout le point de vue social, politique et humain qui est passionnant dans cet ouvrage. Cette histoire est racontée du point de vue des salariés et cela n'est pas si commun que ça. Ce texte est un véritable témoignage historique de la vie de toutes ces personnes qui se sont engagées pour une entreprise, qui en ont fait l'histoire, qui se sont battus aussi pour leurs droits. Ce n'est pas forcément un livre engagé. Par contre c'est un livre qui parle d'engagement.
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La grande éclaire - chronique de Delphine#07
La grande éclaire
Virginie Langlois
Actes Sud 21€
9782742774258
Une rencontre improbable avec une très belle femme va conduire Sachs, artiste-peintre, dans un monde particulier. Subjugué par sa beauté, l'artiste n'a pas perçu la cécité de cette femme. Elle, qui évolue au fil de son intuition et de ses sensations le guide vers une nouvelle perception des chose, entre spiritualité et sciences...
Parallèlement, aux Etats-Unis, un jeune étudiant part à la recherche de son profeseur de physiques, disparu soudainement. Est-ce encore une crise de cet alcoolique ou est'ce une histoire beaucoup plus inquiétante? Regroupant les indices que ce dernier lui a laissé, il s'envole pour la France, décidé à résoudre cette énigme.
Tout ce petit monde va se retrouver les protagonistes d'une histoire plus que surprenante durant quelques jours à Savigny.
Virginie Langlois signe ici son deuxième et affirme ses talents d'écrivain. Une écriture juste, sensible , des personnages forts, bref un roman magnifique, émouvant. Un pur moment de plaisir!
12:18 Publié dans chroniques de Delphine, littérature adulte | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : la grande eclaire, mlire, delphine bouillo
25.05.2008
Shantaram - chronique de Gabriel #16
Shantaram
Gregory David Roberts
Flammarion
23 € (édition grand format) / 13 € (J'aiLu)
On se demande parfois comment la vie s'accroche à certaines personnes avec autant d'acharnement. A moins que ce soit l'inverse ? Enfin, tout en lisant Shantaram, roman fleuve de plus de 800 pages, véritable quête rédemptrice d'un ancien braqueur de banque héroinomane, et même après avoir tourné la dernière page, je fus littéralement happé par le destin de cet homme, fugitif australien qui débarque à Bombay au début des années 80. Roman en très grande partie autobiographique, Gregory David Roberts a largement évité les écueils dus à ce genre de livre. C'est raconté avec humilité et respect autant pour les personnages qui sont en fait des personnes ayant réellement existé, que pour le lecteur, ce qui ne nous donne pas l'impression que le héros est un fier à bras orgueilleux et/ou que ce roman est une promenade touristique dans le Bombay des années 80. Des bidonvilles d'une mégalopole en expansion en passant par la vie dans un village indien traditionnel, les prisons indiennes, la mafia, le djihad pour finir par être rattrapé en Allemagne, Roberts fait passer son personnage principal par toutes les aventures et mésaventures d'un héros moderne, sans oublier et c'est ce qui fait aussi le charme de ce livre, l'Amitié et l'Amour, les jalons qui lui permettront de rester debout.
Un roman dont le style n'est pas révolutionnaire mais efficace et encore une fois plein d'humilité, la trame bien ficelée et une construction au suspense haletant qui vous emportera à coup sûr comme il l'a fait avec mo. Un bon, un très bon roman d'été.
Un conseil, lisez Shantaram en grand format, la version poche de J'ai Lu a rétréci la police de caractère ce qui vous donnera à coups sûrs la migraine et vous fera penser que j'ai éxagéré voir même menti dans cette chronique.
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19.05.2008
chronique de Gabriel #14
Garden of love
Marcus Malte
Zulma - 18.50 €
9782843043895
Gros coup de coeur pour ce roman noir, sombre et torturé.
Alexandre Astrid, vieux flic mis au placard à cause de ses débordements de loi, reçoit un jour un mystérieux paquet renfermant un manuscrit. Sans prendre garde, il va se jeter dans le dernier piège tendu par son plus vieil ennemi, un tueur pervers et retors qu'il n'a jamais réussi à coincer. Au fur et à mesure de sa lecture il va se rendre compte que l'histoire est un mélange de sa propre vie avec celle schizophrénique de l'auteur et c'est une plongée dans un passé souvent glauque où le bien et le mal se confondent.
J'ai pris un très grand plaisir à lire ce livre polyphonique, il y a comme une ambivalence d'attachement et de repoussement avec les personnages. Le style est court, concis, direct et il ne laisse aucune place au répit et à l'espoir. La perversion est prégnante dans ces bouts de vie et elle se perçoit aussi bien du bon que du mauvais côté de la loi ou de la morale. Pour finir la construction est bien huilée et on se laisse perdre corps et âme dans ce labyrinthe de voix et de mots.
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03.05.2008
le petit dossier de Gabriel #03
Quelques lectures italiennes
Blessures de guerre
Giulia Fazzi
Gallimard
9782070782536
20€
Blessures de guerre est l’histoire d’un combat perdu d’avance qui se ressent comme un cri. Dans une petite ville du nord de l’Italie, une jeune femme se retrouve aux prises avec la machine économique. Ouvrière dans une entreprise de textile familiale, elle entend bien faire respecter ses droits de travailleuse face à une direction bicéphale (un père et son fils) complètement sourde à ses revendications et qui plus est, brutale et cynique jusqu’à l’abject. Une lutte non seulement niée par les patrons mais rejetée par ses propres collègues.
Premier roman de Giulia Fazzi, ce roman coup de poing construit autour d’un évènement tragique et charnière, est une véritable réussite entre autres grâce à une écriture maîtrisée et une construction toute en tension. Un style dur et efficace qui laisse son entière place aux émotions et affects du personnage principal. A lire et à suivre !
Vénus privée
Scerbanenco Giorgio
10/18
(malheureusement épuisé)
Giorgio Scerbanenco est considéré comme le père du roman noir italien. Né à Kiev en 1911, il émigre en Italie après l’assassinat de son père par les bolcheviks et s’établit d’abord à Rome avec sa mère puis s’installera définitivement à Milan. Après des tonnes de petits boulots et des débuts dans le journalisme, il se tournera vers le roman dans les années 50.
Vénus privée est le premier volet des aventures de Duca Lamberti, ancien médecin radié de l’ordre pour euthanasie qui se trouvera une occupation de détective privée à sa sortie de prison. Dans cet opus originel Duca Lamberti va se voir confronter au monde de la prostitution de luxe par l’entremise d’un jeune homme alcoolique. Lamberti s’est vu charger de sevrer ce garçon à peine adulte par son riche père et ne voit qu’une solution pour résoudre sa dépendance, comprendre les raisons du suicide de sa petite amie. Roman noir, social , Vénus privée nous plonge dans un univers sinistre et glauque mais sans violence (une scène seulement en fin de roman). Doucement Scerbanenco dévoile l’horreur des pratiques mafieuses de ce commerce avec un style et une écriture mesurés et lucides.
Morts et remords
Mileschi Christophe
La fosse aux ours
9782912042750
14€
J’ai une faiblesse toute particulière pour ce livre ainsi que pour Le clown amoureux (chroniqué à la suite). Il est des livres quand on est libraire, que l’on rencontre grâce à une invitation d’auteur. En effet, en début d’année j’ai contacté Christophe Mileschi et Oreste Sacchelli (coauteur du Clown amoureux) afin d’organiser une rendez-vous littéraire au moment du festival de cinéma Les reflets du cinéma italien. Ils se sont déplacés et qu’ils en soient encore remerciés ici parce que s’il y avait peu de monde au débat nous avons pu passer un très agréable moment. Fin de la parenthèse, passons au livre.
Sentant la mort frappée à sa porte, Vittorio Alberto Tordo se retourne une dernière fois sur son passé. Ecrivain de renom il se désespère alors que la camarde elle ne se résigne pas, de n’avoir pas su révéler à ses contemporains la vraie cruauté de la nature humaine, message qu’il voulait faire passer dans ses écrits. Mais n’a-t-il pas lui-même brouillé les pistes en magnifiant et en participant à cette glorieuse passion destructrice qu’est la guerre. En vantant et louant les qualités d’hommes politiques qui ne se servaient que de ces penchants.
Tordo fait partie de cette génération d’écrivains et d’artistes italiens du début vingtième qui après avoir vantés les mérites de la première guerre mondiale, se sont également accommodés du régime fasciste. Morts et remords nous montre ce changement générationnel, le changement d’une époque, d’une culture.
Le clown amoureux
(L’œuvre cinématographique de Roberto Bénigni)
Mileschi Christophe & Sacchelli Oreste
La fosse aux ours
9782912042927
18€
Qui se cache derrière cette image de bouffon survoltée que nous donne à voir le pétillant Roberto Benigni dans le peu de films que l’on peut voir de ce côté-ci des Alpes ? C’est cette image stéréotypée que les auteurs vont au fur et à mesure battre en brèche. Ecrit à quatre mains cette monographie est constituée en deux parties. D’abord les fiches détaillées des neuf films réalisés par Benigni dans l’ordre chronologique qui révèlent peu à peu les motifs et les thèmes récurent de ce cinéaste hors normes. Dans une seconde partie la voix est donnée aux acteurs principaux, Benigni d’abord qui se dévoile et nous fait plonger dans sa genèse puis Vincenzo Cerami, le scénariste qui a donné sa rigueur au clown, explique son travail et sa collaboration, pour finir avec une interview de Nicoletta Braschi, la compagne et muse de Roberto Benigni.Le clown amoureux est un essai sur le cinéma qui se lit comme un roman, on plonge dans un univers moins rigolo qu’on ne le pense au premier degré tout en découvrant les thèmes de prédilection du réalisateur-acteur, la ville, l’autorité, les femmes et l’Amour.
Train 8017
Perissinotto Alessandro
La fosse aux ours
9782912042651
17€
A la fin de la seconde guerre mondiale, Adelmo Baudino est révoqué de son poste de policier du rail pour cause de collaboration. Accusé à tort, il vit seul avec sa mère dans une maison en ruine tout en travaillant sur des petits chantiers. C’est en lisant les faits divers dans un journal qu’il croit avoir trouvé la solution à son renvoi. C’est en cherchant la personne qui voudra l’innocenter qu’il va reprendre du service. Une série de crimes frappent essentillement des cheminots. Devant la passivité de la police, il va lui-même relier ces affaires et replonger dans les horreurs de la guerre. Un très bon roman policier qui nous plonge dans l’Italie d’après-guerre dans ses antagonismes et sa troublante mémoire du passé récent.
A lire également de Perissinotto, A mon juge aux éditions Gallimard, Prix Grinzane Cavour 2005.
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04.04.2008
chronique de delphine#07
Le jour où Nina Simone a cessé de chanter.
Darina Al Joundi- Mohamed Kacimi
Actes Sud 15€
978742772847
Voici une histoire époustanflante retranscrite par Mohamed Kacimi: celle du combat pour la liberté de Darina Al Joundi, jeune comédienne libanaise, qui a défié les lois, la religion et les hommes au nom de la Liberté. Ce récit commence à la mort de son père au beau milieu d'un Liban dévasté par la guerre civile. Poussée par son père à toujours avoir le choix, Darina Al Joundi va jouer avec le feu pour exister, frôlant avec la drogue, la violence et la folie.
En conservant les mots parfois crus et violents de la comédienne, Mohamed Kacimi nous offre un roman incroyablement émouvant, telle une confession parmi les ravages de la guerre.
Ce récit est également tiré d'une pièce de théâtre, jouée pour la première fois à Avignon, et dans laquelle Darina Al Joundi joue son propre rôle.
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27.03.2008
chronique de Gabriel #13
L'Ecornifleur
Jules Renard
Gallimard / Folio classique
5€30
9782070371679
Dans ma série dépoussiérage (après Ivanhoé à la rescousse de Thackeray), je viens de découvrir (enfin, merci à Alain) un texte de Jules Renard, L'écornifleur, qui peut se traduire à peu de choses près par parasite. Si vous avez lu Bel Ami de Maupassant ça vous rappellera des souvenirs sauf qu'Henri l'anti-héros de ce roman est un loser pathétique. Empêtré dans son verbiage et ses postures d'artiste, il ne réussira à rien et s'engluera dans des situations ambigues et sans issue. Son projet, s'insinuer au coeur d'une bonne famille bourgeoise y avoir non seulement le gîte et le couvert mais surtout l'émerveillement, l'admiration pour sa situation d'hommes de lettres. Autoproclamé artiste, vaguement poète et romancier, beau parleur, il aura vite fait de s'attirer l'engouement de ses "hôtes". Après l'approche viendra le moment de partager pleinement leur vie jusque dans leur petite maison de villégiature sur la côte normande. C'est à Barfleur qu'il ruinera dans la honte et la culpabilité ses tentatives de charme du beau sexe.
Mi roman mi pièce de théâtre, L'écornifleur est un roman surprenant, qui tient beaucoup aux premières expériences de Jules Renard comme jeune homme et poète. Dans un style alerte et plein d'images rustiques, animalières, style de fabrique de l'auteur de Poil de carotte, l'ambiance de ce roman de formation est pleine d'humour et de dérision pour la naïveté, la maladresse et le manque de réussite de son "héros" autant que pour la représentation du monde de l'art et des artistes dans la bonne société. Un je ne sais quoi d'actuel.
14:08 Publié dans chroniques de Gabriel, littérature adulte | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ecornifleur, jules renard, gabriel pailler, m'lire










