19.12.2009

Lou T05 Laser Ninja - chronique de Simon #58

677083.jpgLou T05 Laser Ninja

Julien Neel
Tchô, Glénat - 9,40 €
Elles sont rares les bandes dessinées qui font à ce point l’unanimité. Critiques, parents, enfants, libraires, petits et grands… tout le monde s’accorde à relever la qualité de la série Lou créée par Julien Neel. Poursuivant depuis cinq albums le récit des aventures de Lou, de sa mère et de son compagnon Richard, Julien Neel a su poser une ambiance, un style qui se reconnaît dès les premières pages. Drôle, sensible et juste, ce sont des qualitatifs qui pourraient tout à fait convenir pour définir ces cinq volumes. Tome après tome, Lou grandit et dans ce cinquième opus, elle est maintenant devenue une ado de 14 ans. On peut dire que ce passage est un peu brutal : appartement qui prend feu, petit frère qui pointe le bout de son nez, rupture et questionnements amoureux… tout serait là pour une bonne petite crise. Mais Lou n’est pas comme cela, cela a toujours été une jeune fille responsable. Elle va plutôt se tourner vers ses origines et découvrir le parcours de sa mère dans son journal intime. De quoi mieux comprendre certaines choses…

Comme toujours, Julien Neel touche juste dans son récit et dans la manière qu’il choisit de le traiter. La relation entre Lou et sa mère est particulièrement bien rendu. Son dessin et ses couleurs, tout en douceur ne font que renforcer ce côté cocon familial, qu’on aime plus que tout

05.12.2009

Bon anniversaire princesse - chronique de Simon #57

9782070626847.gifBon anniversaire princesse

Chamo

Gallimard jeunesse Giboulées - 15.50 €

Sous des apparences très gentillettes (couleurs acidulées, jolie petite histoire d’une mignonne et jolie princesse) se cache en fait un véritable petit trésor d’histoire ignoble. Pourtant en feuilletant rapidement les pages de cet album, on désespère un peu de cette histoire un peu nunuche. La contrée est ravissante, la princesse gracieuse à la chevelure soyeuse. C’est son anniversaire et son gentil papa fait un super bal où toute la gentille aristocratie est conviée. Elle va recevoir le plus beau des cadeaux… On applaudit et tout le monde est content.

Heureusement l’histoire ne se résume pas à cela. La jeune illustratrice réussit à renverser le sens de cette histoire tout en conservant son imagerie rose acidulée. Le principe est simple et efficace. En créant des fenêtres cartonnées à soulever aussi bien dans le texte que dans l’illustration, Chamo parvient à créer une deuxième histoire beaucoup plus succulente. Loin des livres à fenêtres classiques pour les tout-petits, Bon anniversaire Princesse met un peu de fraîcheur dégoutante dans les livres pour jeunes filles bien éduquées. Quelle bonne idée…

21.10.2009

onlikoinou #15 Déroute sauvage (Guillaume Guéraud)

Découvre cette vidéo : Onlikoinou 15 Déroute sauvage - Guillaume Guéraud

03.10.2009

La crinière de Monsieur Lion - chroniques de Simon #56

9782226183460m.jpgLa crinière de Monsieur Lion

texte : Nordine Bouguerine
Illustrations : Juliette Boulard
Albin Michel jeunesse - 12,90 €

Monsieur Lion a bien besoin d’un petit fortifiant. Depuis peu, il perd sa belle crinière et il sera bientôt la risée de tous. Vite, il file chez Monsieur Frissotti, le coiffeur élégant, qui trouvera bien une solution à son souci. Mais cela ne se fera pas sans une certaine pagaille dans le salon…

Voilà une petite histoire pour les plus jeunes pleine de surprises et de rebondissements. Les auteurs jouent sur la découverte de la pilosité extravagante de Monsieur Lion, de son énervement et des jeux de cache avec les fenêtres que l’on ouvre et referme. Le ton est amusant et rythmé. On retrouve avec beaucoup de plaisir l’illustration de Juliette Boulard, l’illustratrice de La Maternelle chez le même éditeur. Comme dans ces précédents livres, elle s’amuse à cacher, un peu à la manière d’un Marc Boutavant (Mouk), une multitude de petits détails amusants à chercher et apprécier. L’histoire se conclue sur une belle note romantique.

01.10.2009

Le pompier de Lilliputia - chronique de Simon #55

9782226193292_1_75.jpgLe pompier de Lilliputia

Texte : Fred Bernard
Illustrations : François Roca
Albin Michel jeunesse - 14,90 €

Henry Mac Queen est un héros. Malconnu c’est vrai mais c’est un vrai héros, de ceux qui méritent leur statue, aussi petite soit-elle. Petite car Henry Mac Queen est un nain. D’ailleurs il vit à Lilliputia, le quartier des nains à Coney Island à New York dans le plus grand parc d’attractions du monde. Fils d’un politicien important, Henry décide de quitter sa famille et de venir s’installer à cet endroit où il pourra vivre avec les siens et ne faire honte à personne. Il faut dire que l’histoire se passe à la fin du XIXe siècle et on l’ambiance ressemble plus à Freaks qu’à Disneyland… À sa place, Henry est heureux. Il a même créé une petite compagnie de pompiers qui fait le plaisir des spectateurs et dans laquelle il s’épanouit totalement… jusqu’au jour dramatique où Coney Island s’enflamme.

Encore une fois, Fred Bernard signe une histoire atypique, une épopée fabuleuse que seul son imaginaire débordant peut fournir en littérature de jeunesse. On quitte un peu les fresques historiques pour retrouver cette fois un peu de l’esprit de Jesus Betz dans la narration et la psychologie des personnages. Henry Mac Queen a une revanche à prendre sur le monde et son courage va surgir au grand jour de manière éclatante… La grande nouveauté pourtant de ce nouvel album du duo magique Roca/Bernard se situe dans le travail de François Roca qui sort cette fois de l’ultra réalisme pour proposer un graphisme plus rond et plus jeunesse. On retrouve un peu de l’illustration qu’il avait utilisée pour son album Suzanne paru au Seuil. et il faut dire que ce style lui va particulièrement bien. Avec des décors de New York et plus précisément de Coney Island somptueux, ses personnages sont particulièrement touchants et c’est sans aucun doute l’un de ses albums les plus attachants.

12.09.2009

Dans la cour de mon école - chronique de Simon #54

9782844207814.gifDans la cour de mon école

Sylvain Victor

Editions Thierry Magnier - 13,30 €

Dans la cour de cette école, il y a Valentin, il y a Pierre, et puis Soulémane. Il y a aussi Gunnel, Sabine et Kahina… Il y a tout un tas d’enfants dans cette école. Des enfants de toutes origines, de tous les caractères aussi puisque chaque enfant est différent. Et puis il y a Mona et Manu, deux enfants parmi les autres. Ce sont les deux narrateurs de ce récit. Ce sont eux qui vont nous présenter les enfants, chacun à sa manière, chacun avec ses affinités, sa vision des autres. Ils vont tous les deux nous faire un portrait d’une dizaine de leurs camarades en quelques mots.

Et là notre regard change d’un coup. A la fin de la lecture de cet album, un sentiment étrange nous parvient. Chaque enfant peut être perçu différemment et cette double vision des deux personnages pourtant très proches (ils sont amoureux) permet de vite prendre une distance avec les portraits qu’ils dressent. Ils sont pourtant sincères tous les deux. On les croit autant l’un que l’autre mais selon le lien qui existe, la façon de penser ou la distance, on voit bien comment le jugement sur l’autre se fait. C’est assez impressionnant. Que retenir de cet ouvrage ? un peu de distance sur notre jugement, un catalogue sans cliché de portraits d’enfants, une promotion de la diversité, un dessin épuré, un jeu graphique impeccable de l’auteur… La liste pourrait être longue. En tout cas, cet album est une vraie réussite à découvrir.

10.09.2009

Etranger à Berlin - chronique de Simon #53

42904090_p.jpgEtranger à Berlin

Paul Dowswell

Traduction Nathalie Peronny

Naïve - 18 €

Piotr vient de perdre ses parents. Nous sommes en 1941, la Pologne est envahie. Le jeune garçon est alors placé dans un orphelinat où il est bientôt repéré par un groupe qui cherche de jeunes polonais au profil aryen exemplaire. Piotr, grand, blond aux yeux bleus et à l’allemand parfait est vite repéré et envoyé dans une famille aisée, les Kaltenbach. Le père, un scientifique connu, se plie volontiers aux désirs de l’état nazi et toute la petite famille est pleinement investie dans l’évolution et le soutien des forces hitleriennes. Piotr, désormais nommé Peter, n’est pas en reste et s’intègre parfaitement dans sa nouvelle vie. Il est heureux dans cette famille et le prouve en intégrant lui aussi les jeunesses hitleriennes avec ambition, il désire devenir pilote de la fameuse Luftwaffen. Sa voie semble tracée. Un jour néanmoins, il rencontre Lena Rieter avec qui il se lie d’amitié très fortement. La famille Rieter, très respectée par le parti, s’oppose en fait à l’idéologie nazie et aide des familles juives en fuite. Au contact de Lena, Peter va découvrir une vie et une jeunesse berlinoise complètement différente. Il sort dans des clubs de jazz, frôle avec l’interdit et développe sa capacité à réfléchir différemment, par lui-même. Il prend à peu conscience de toute l’horreur des actes de l’état nazi. La découverte d’une origine juive lointaine déclenche chez lui le déclic et il décide alors de passer de l’autre côté. Il a choisi son camp. Il s’enfuira avec Lena et sa famille…

Étranger à Berlin est un très beau livre sur un thème pourtant déjà bien souvent traîté. Le rythme y est enlevé tout au long des 400 pages, faites de rebondissements et de véritables aventures. La lecture y est tout simplement passionnante. La vision de l’intérieur des pratiques nazies de l’époque est tout simplement terrifiante. Les personnages de Piotr et de Lena sont très attachants et on se laisse littéralement embarquer dans cette histoire. Étranger à Berlin est un excellent roman, original et bien écrit, sur la seconde guerre mondiale.

10.08.2009

Mon petit coeur imbécile - chronique de Simon #52

E119042.gifMon petit coeur imbécile

Xavier-Laurent Petit

Ecole des Loisirs Neuf - 8.50 €

 

En Afrique, si Swala signifie antilope alors Maswala veut dire Mamantilope. C’est de cette jolie manière que la jeune Sisanda appelle sa mère. Cette dernière ne peut pas, en effet, s’empêcher d’aller courir tous les jours à travers la savane. Un peu comme si elle devait courir pour deux. Car Sisanda est malade, gravement malade. Son cœur n’arrive pas à battre régulièrement : un battement… un pschhht… un battement… Tout devient compliqué pour elle : aller à l’école, être avec ses amis, vivre dehors… Elle vit avec cela depuis la naissance mais garde l’espoir de se faire bientôt opérer. Chaque matin, elle compte les jours où elle se réveille en vie et espère que son petit cœur imbécile ne fera pas des siennes. De retour de l’hôpital où elle va tous les ans, elle et sa mère tombent sur un vieil article de journal qui parle d’un marathon richement doté. Sa mère fait vite le rapprochement et ne pense plus qu’à cela…

Comme à son habitude, Xavier-Laurent Petit (qui vient de recevoir le Prix Sorcières roman ado en 2009 avec Be safe) nous fait voyager et réfléchir à travers un roman qui s’adresse cette fois à une tranche d’âge inférieure. Mon petit cœur imbécile parle autant de la maladie que du continent africain et du quotidien d’un petit village isolé. La description de la vie de tous les jours y est très belle et donne envie de partir courir là-bas.

08.08.2009

Une sacrée mamie - chronique de Simon #51

sacree_mamie_01.jpgUne sacrée mamie

Yoshichi Shimada & Saburo Ishikawa

Delcourt Akata - 7,50 €

 

Akihiro est un môme de 8 ans qui va vivre une séparation assez brutale. Manquant cruellement de ressources pour élever seule ses deux fils, sa mère prend la terrible décision de se séparer du plus jeune des deux et de l’envoyer vivre à la campagne chez sa grand-mère. Akihiro doit donc quitter la grande ville, Hiroshima, qu’il connaît depuis son enfance pour la campagne la plus radicale et une vieille maison branlante où vit sa grand-mère. Le changement est radical et son adaptation n’est pas facilité par la grand-mère qu’il trouve étrange. On comprend rapidement que cette dernière est très pauvre elle aussi et qu’elle ne vit que par un système de combines et de trouvailles plus ingénieuses les unes que les autres. Pour Akihiro, elle devient vite une « sacrée mamie »…

Adapté d’un récit autobiographique, ce manga réussit à montrer le contraste, très important, qui existait dans les années 50 entre le Japon rural et urbain. On y découvre une vie à la campagne rude et délicate mais pleine d’humanité et d’entre aide. Plus que l’intrigue, ce sont vraiment les rapports humains qui priment dans cette histoire. Ce premier volume nous rappelle l’ambiance que l’on pouvait trouver dans Nononbo (primé à Angoulème en 2008) de Mizuki Shigeru et augure d’une série émouvante, tendre et drôle.

01.08.2009

onlikoinou #14 Slumberland (Paul beatty)

Place aux vacances et aux plaisir du camping-car dans ce nouvel épisode d'Onlikoinou avec une chronique estivale autour du roman DéJanTé !!! Slumberland de Paul Beatty à paraître en septembre....

 

 

Toutes les notes