19 avril 2013
Frangine (Marion Brunet) - chronique de Camille #02
FRANGINE
Marion BRUNET
Sarbacane, 14€90

« Je ne suis pas le héros, mais je suis
Le bavardage et la digression
L'oreille et les mots pour essayer de dire ce qui est à entendre, ce qui est à l'envi :
Les désenchantements et les éclats de bruit
En ces temps peu lointains où Pauline découvrait
Le monde
Le cruel
Le normal
et la guerre,
ma mère et ma mère, chacune pour soi mais ensemble, vivaient de leur côté des heures délicates.
C'est à moi qu'il revient de conter nos quatre chemins. Parce que j'aime ça, d'abord, dérouler les histoires comme on crée un langage ; et aussi pour que les choses soient claires, évidemment.
Comment comprendre, sinon ? »
Pauline et Joachim sont deux adolescents qui vivent avec leurs mères et mènent une existence
relativement tranquille. Joachim est amoureux de Blandine et entame sa terminale, tandis que
Pauline va entrer au lycée. La particularité de leur famille n'a jamais été un problème, jusqu'à ce que
la discrète Pauline soit victime de harcèlement et perde pied.
Frangine est un roman qui colle de près à l'actualité, puisqu'il s'agit de l'histoire d'une famille
homoparentale qui est confrontée à l'homophobie et à l'ignorance d'une partie de la population,
du fait de sa différence. Le sujet est abordé de manière délicate et les questions inhérentes à cette
situation peu connue sont traitées à travers le regard des deux adolescents. Le roman se construit
sur la relation de Joachim, le narrateur, et Pauline, sa petite sœur. C'est l'histoire d'une évolution,
de comment se construire lorsqu'on est confronté au regard des autres, jugés pour ce que l'on n'a
pas choisi, pour une situation que l'on vit parfaitement bien mais qui reste anormale aux yeux d'un
certain nombre de personnes.
L'intérêt de ce récit est de présenter plusieurs points de vue : le lecteur suit principalement
l'existence de Joachim, ses questionnements amoureux, ses inquiétudes concernant sa sœur mais
également la vie quotidienne de Julie et Maline, les deux mamans, leurs histoires respectives, les
relations avec leurs parents... L'homoparentalité est au centre du récit mais Pauline et Joachim n'en
restent pas moins des adolescents qui essaient de se construire, de s'affirmer et de trouver leur place dans le monde comme tous les jeunes.
Frangine est un très joli récit, porté par une écriture légère et poétique et traitant avec simplicité
d'un sujet rarement abordé en littérature jeunesse, au gré du quotidien de la famille, des souvenirs
et des questionnements de chaque personnage. C'est un roman optimiste qui pose la question de
la différence, du choix de vivre sa vie comme on l'entend et le mieux possible. Joachim, Pauline,
Maline et Julie sont quatre personnages extrêmement attachants, finalement extrêmement banals
et qui aspirent à la même tranquillité que n'importe quelle famille dite « traditionnelle ».
16:33 Publié dans chroniques de Camille, littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : frangine, marion brunet, sarbacane, camille marion, m'lire, roman ado, laval |
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21 mai 2012
Ma (Louis Atangana) - chronique de Simon #116
MA
LOUIS ATANGANA
doado, Rouergue - 9,20 €

Ma est un roman précieux. Un de ces textes qui se lit avec lenteur, pour mieux en ressentir la profondeur, la poésie aussi. Avec Félix, le jeune héros de l’histoire, nous plongeons au cœur d’une Afrique reculée, sauvage presque, au cœur des forêts. Félix habite avec sa mère dans ce village, loin de la ville, loin de tout. Ils vivent tous les deux, dans une relation très forte, presque possessive, un peu à l’écart des autres habitants du village. Seul Jonas, un peu fou, fait le lien avec les autres. Il a vécu longtemps en ville et raconte ses aventures à qui veut bien les entendre. Surtout il veut partager avec Félix son amour des livres et lui fait découvrir la lecture et la culture. Mais tout cela ne vaut rien face à la protection de la mère de Félix. Elle ne veut pas entendre parler de la ville, des autres et surtout pas des filles. Elle a trop peur de perdre son fils. Un jour pourtant, Félix rencontre Magali, celle qu’on décrit comme une sorcière. Tiraillé entre ces deux femmes au caractère extrêmement virulent, Félix devra alors jouer de subtilité pour les apaiser toutes deux.
Louis Atangana nous transporte avec une écriture magnifique, très particulière, entre le conte et le récit intime, dans cette histoire fondamentalement humaine. L’amour, la fierté, la souffrance, la beauté, tout y est décrit avec une justesse rare et nous donne un vrai beau moment de lecture.
06:30 Publié dans chroniques de Simon, littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ma; louis atangana, rouergue, doado, afrique, roman ado, mlire, librairie, simon roguet |
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21 janvier 2012
Mon père est américain (Fred Paronuzzi) - chronique de Simon #114
Mon père est américain
Fred Paronuzzi
Roman, Éditions Thierry Magnier - 9,10 €
Léo est un ado a priori sans problème. Il vit avec sa mère depuis toujours et ne sait pratiquement rien de son père sauf qu’il est américain, qu’il n’a été pour sa mère qu’un amour de passage et qu’il n’a jamais cherché à recréer des liens avec son fils… Pourtant un jour, Léo découvre que sa mère est encore en relation avec lui. Des transferts d’argent circulent du compte bancaire de sa mère vers les États-Unis et tout porte à croire qu’ils lui sont destinés. Après le choc et la colère, le jeune garçon va découvrir un terrible secret qui va changer sa vie…
Fred Paronuzzi, qu’on avait découvert avec le très bon Un cargo pour Berlin, confirme tout le bien qu’on pensait de lui. Mon père est américain est un roman qui sonne juste, et ce malgré la thématique assez lourde qui est abordée. La relation qui se tisse, avec beaucoup de retenue et de pudeur entre le père et le fils est très bien décrite, sans trop en faire. Le père sait ce qu’il a fait et en parle avec beaucoup de franchise. Léo, lui, est perdu et cela semble tout à fait réaliste. La fin du roman, qui n’est en fait qu’un autre début, permet d’éviter toute ébauche de joie surréaliste et m’a beaucoup plu également.
Mon père est américain est décidément un très bon roman !
11:38 Publié dans chroniques de Simon, littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mon père est américain, fred paronuzzi, thierry magnier, librairie m'lire, roman ado, peine de mort, simon roguet |
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19 août 2011
Une tribu dans la nuit (Glenda Millard) - chronique de Emilie #14
Une tribu dans la nuit
Glenda Millard
(Helium - 13.90€)
Parution le 5 octobre
Une tribu dans la nuit est le tout premier roman traduit de cette auteure australienne et c’est une jolie découverte…
Skip est orphelin. Il est ballotté d’une famille d’accueil à l’autre et il a beaucoup de mal à trouver sa place. Il trouve pourtant un peu d’évasion grâce à l’art. il admire par dessus tout Monet. Un jour, il décide de fuguer, c’est là qu’il rencontre Billy, un vieux SDF qui va le prendre sous son aile. Ainsi coupés du monde, ils survivent comme ils peuvent, et ne voient pas arriver la guerre… Elle se déclare une nuit, dans un bombardement ahurissant qui va raser la majeure partie de la ville. Ils décident de s’abriter dans ce qu’il reste de la bibliothèque. Là, ils rencontrent Max, un petit garçon âgé de 6 ans, qui attend que « sa mère revienne des courses ». Non sans lutter, ils arrivent à le convaincre de quitter la ville avec eux. Ils vont trouver refuge à Dreamland, dans une fête foraine abandonnée…
C'est un roman vraiment surprenant, il en ressort un véritable optimisme. Malgré la dureté de la guerre, les personnages vont rester soudés les uns aux autres et s'entraider afin de survivre. Quoiqu'il arrive, ils vont se débrouiller pour trouver à manger, se construire un abri et continuer à vivre... Les personnages de ce roman sont hauts en couleurs et deviennent très vite très attachants. C'est un roman très humain notamment dans la façon dont Skip prend le petit Max sous son aile. Il fera tout ce qu'il peut pour lui faire oublier son chagrin. On se laisse emporter par cette histoire vraiment riche en émotions !
08:54 Publié dans chroniques de Emilie, littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : glenda millard, une tribu dans la nuit, hélium, emilie thomas, roman ado, m'lire |
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