27 mars 2013

Onlikoinou #25 Western Girl (Anne Percin - éd. du Rouergue jeunesse)


onlikoinou #25 Western Girl (Anne Percin... par afterfives

15 septembre 2012

Comment devenir une rock star (ou pas) / Anne Percin - chronique de Simon #125

COMMENT DEVENIR UNE ROCK STAR (OU PAS)
Anne PERCIN
Rouergue doado - 15.70 €

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Il est de retour et il est en très grande forme. Maxime Mainard revient pour la troisième fois et va nous emmener dans une dernière aventure complètement débridée. Fidèle à son habitude, les mauvais plans vont se succéder. Suite à son raté londonien - voir la fin de comment (bien) gérer sa love story - Maxime se retrouve chez son tonton un peu décalé et décide de monter avec lui le groupe de rock de ses rêves. Il va lui falloir trouver les autres membres du groupe et cela ne va pas être sans repos.

Plus que l'histoire en elle-même, c'est surtout la verve de Maxime que l'on retrouve avec plaisir dans ce troisième et sans doute dernier volume. Maxime est passionné, il se pose pas mal de questions, il est un peu branleur aussi - on a des fois envie de lui mettre des baffes, mais il peut être aussi génialement excentrique, craquant ou lyrique quand il le veut bien. Et il n'est pas le seul. Toute la galerie de personnages créée par Anne Percin, les nouveaux et les anciens, dont l'excellentissime Sa Kévinerie, constitue la moelle profonde de cette trilogie. Sans eux il n'y a plus rien. Ou alors si, des histoires banales de vies d'ados. Mais là, grâce à tous ces personnages, cela devient punk, cela devient fleur bleue trash, cela devient vivant.
Ces romans parlent de la vie, ils font rire, ils font du bien.

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21 mai 2012

Ma (Louis Atangana) - chronique de Simon #116

MA 

LOUIS ATANGANA

doado, Rouergue - 9,20 €

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Ma est un roman précieux. Un de ces textes qui se lit avec lenteur, pour mieux en ressentir la profondeur, la poésie aussi. Avec Félix, le jeune héros de l’histoire, nous plongeons au cœur d’une Afrique reculée, sauvage presque, au cœur des forêts. Félix habite avec sa mère dans ce village, loin de la ville, loin de tout. Ils vivent tous les deux, dans une relation très forte, presque possessive, un peu à l’écart des autres habitants du village. Seul Jonas, un peu fou, fait le lien avec les autres. Il a vécu longtemps en ville et raconte ses aventures à qui veut bien les entendre. Surtout il veut partager avec Félix son amour des livres et lui fait découvrir la lecture et la culture. Mais tout cela ne vaut rien face à la protection de la mère de Félix. Elle ne veut pas entendre parler de la ville, des autres et surtout pas des filles. Elle a trop peur de perdre son fils. Un jour pourtant, Félix rencontre Magali, celle qu’on décrit comme une sorcière. Tiraillé entre ces deux femmes au caractère extrêmement virulent, Félix devra alors jouer de subtilité pour les apaiser toutes deux.

Louis Atangana nous transporte avec une écriture magnifique, très particulière, entre le conte et le récit intime, dans cette histoire fondamentalement humaine. L’amour, la fierté, la souffrance, la beauté, tout y est décrit avec une justesse rare et nous donne un vrai beau moment de lecture.

10 janvier 2012

Anka (Guillaume Guéraud) - chronique de Simon #111

9782812603020.jpgAnka

Guillaume Guéraud

Doado noir, Rouergue - 9,50 €


Chaque nouveau livre de Guillaume Guéraud provoque une attente et une angoisse chez nous. Une attente parce qu’on a envie qu’il nous surprenne encore une fois, qu’il nous prenne par la main, nous attire doucement puis nous balance avec violence contre le mur. Parce qu’ils sont souvent comme cela les livres de Guéraud. Forts. Déstabilisants. Extrêmement puissants. Ce qui provoque l’angoisse. L’angoisse de ne pas savoir les conseiller, de ne pas réussir à les porter. Ou ne pas oser…

Anka, le dernier paru, toujours aux éditions du Rouergue (le garçon est fidèle) respecte cette tradition. Anka est fort, Anka est beau et triste à la fois. Anka est violent. Pas à cause de l’écriture de Guéraud, une nouvelle fois admirable mais parce que la vie est violente. Il se dégage dans ce roman une énergie de la vie alors même qu’il raconte la mort d’une inconnue, le destin tragique d’une jeune femme nommée Anka, sans attaches, sans personne ne serait-ce que pour la pleurer. Guéraud raconte cette histoire du point de vue de Marco, un lycéen très banal qui va rentrer, sans le vouloir, en contact avec cette femme. Un soir, en rentrant du lycée, deux policiers rentrent chez lui et lui annoncent le décès de sa mère. Pourtant, quelques minutes plus tard, sa mère pousse la porte de la maison. Qui est donc cette femme qu’on a pris pour sa mère ? Qui est Anka ?

Guillaume Guéraud est fort ! très fort !

07 mars 2011

Le garçon qui volait des avions (Elise Fontenaille) - chronique de Simon #94

Le garçon qui volait des avions de Elise Fontenaille (Rouergue coll DoAdo - 8 €)

 

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Liberté.

C'est inconstestablement le mot qui nous vient à l'esprit quand on lit ce court texte d'Elise Fontenaille.

L'auteur, qu'on aime pour ses textes courts et percutants (La cérémonie d'hiver par exemple) s'est une nouvelle fois inspirée d'un fait réel pour écrire ce roman.

 

 

Colton Harris-Moore.

colton harris-moore

Ce nom vous dit peut-être quelque chose si vous traînez sur les réseaux sociaux. Regardez son profil. Plus de 30000 personnes à travers le monde ont suivi ces aventures.

À première vue, rien de bien transcendant chez ce jeune  américain. Une bonne tête d'ado. Une chemisette aux couleurs d'une marque de voiture et écouteurs MP3 aux oreilles, il semble allongé dans les bois quand il prend la photo de son profil. Pourtant ce jeune homme va devenir en quelques mois l'ennemi public n°1 de la police de San Juan, une petite île au large de Seattle.

Dès huit ans, ce petit gars qui vit seul avec sa mère, est l'objet d'une erreur policière qui lui reste en travers de la gorge. Il est accusé d'avoir volé le vélo qu'il arbore fièrement sur les routes de San Juan. Sa mère n'a pas beaucoup d'argent et tout le monde est persuadé qu'elle n'a pas pu lui offrir un tel engin. Cette erreur non digérée marquera son changement d'attitude et le début de son incroyable destin.  Après plusieurs séjours dans des centres, il s'échappe de nombreuses fois et apprend à vivre de manière totalement autonome. Il rentre de moins en moins à la caravane familiale et commence à vivre dans les bois. Il va de maison en maison et pique tout ce dont il a besoin. D'abord des petites choses : de la nourriture, des boissons, des petits objets, puis au fur et à mesure de ses succès il voit plus grand : des voitures, des bateaux pour enfin toucher son rêve ultime... un avion ! Cette partie de l'histoire est très symptomatique du personnage autant qu'elle peut paraître extraordinaire. Petit, il s'amuse sur des jeux de simulation de vol. Plus tard, il lit des ouvrages techniques et un matin, à 5h55, il s'envole dans un Cessna "emprunté" dans un aérodrome près de chez lui et fait son premier vol au dessus des terres qui l'ont vu naître. Avouez quand même que ce n'est pas commun pour un garçon de 12 ans...

Car contrairement à un voleur lambda, Colton Harris-Moore a ce petit quelque chose qui en fait un délinquant exceptionnel. Il fait rêver ! Ce ne sont pas les actes qu'il fait, c'est la manière dont il les fait qui est remarquable.

Il ne vole que pour son plaisir personnel, on aurait envie de dire pour la beauté du geste. Il opère toujours avec une certaine forme d'insouciance et de provocation (sans doute dues à son âge). À ce titre, il est vite surnommé le voleur aux pieds nus (car il ôte ses baskets avant d'effectuer ses opérations). Il ne détériore rien, laisse même des petits mots qui font enrager tout le monde. Il symbolise une sorte de rêve pour beaucoup. Ne pas faire de mal, ne pas révolutionner le monde, mais juste l'enquiquiner un petit peu. Et le faire savoir. Car tout au long de son escapade (plus de deux ans tout de même), il a régulièrement envoyé des nouvelles à ses proches... et les fans ont commencé a afflué. Des T-Shirts ont été fabriqués, des marques de soutien sont venues... comme s'il devait représenter une certaine forme d'opposition douce au système en général.

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Comme beaucoup d'autres, Elise Fontenaille a suivi les aventures de ce jeune garçon exceptionnel. Elle a voulu lui rendre hommage dans ce livre et c'est particulièrement bien réussi ! En une soixantaine de pages elle parvient à nous faire aimer ce personnage. On aurait presque eu envie d'être aussi de ces fans qui le suivaient jour après jour. Trop tard, il est maintenant arrêté mais reste l'histoire, magnifiquement mise en scène par l'auteur, l'histoire d'un destin, l'histoire d'un rêve. Celle du garçon qui volait des avions...

 

 

 

 

 

J'ai juré de me venger, de faire la guerre aux flics, de tout faire pour leur pourrir la vie... Là, on peut dire que j'ai réussi !

13 octobre 2010

petit cadeau de Guillaume Guéraud

Il y a des matins où ça fait plaisir...

 

Il y a des matins où tout va bien : on reçoit des remerciements pour les derniers albums chroniqués :Antoine Guilloppé, Philippe-Henri Turin, Janik Coat... ça fait bien plaisir...

Merci surtout à eux pour leurs très beaux livres

 

index.jpgEt ce matin, nouvelle petite surprise : un mail de Guillaume Guéraud qui m'envoie la bande annonce de son nouveau livre : Sans la télé.(Rouergue DoAdo)

Pourtant je ne l'avais pas encore chroniqué ce livre. Quand j'y pense, je crois que c'est le premier depuis bien longtemps. Pas encore. Pas le temps en pleine rentrée... Et pourtant il y a droit, comme les autres car Guéraud sait toujours nous surprendre, être là où on ne l'attend pas.


Alors allons-y...

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Vous le savez, j'adore Guéraud, j'aime son souffle, j'aime son écriture directe et sans blabla, j'aime la froideur de son regard sur le monde. Ce nouveau roman, Sans la télé, devait marquer une rupture dans son écriture. On me l'avait annoncé comme complètement différent. Et il l'est c'est sûr. Mais pas l'intérêt qu'on doit y porter. Cette fois, c'est son adolescence qu'il expose, sans provocation, sans violence. Ce texte est un moment de vie mais cette fois c'est la sienne qu'il raconte, ce pour quoi il est ce qu'il est maintenant. Son adolescence à Bordeaux, dans un quartier populaire, sa vie avec sa mère seule et son oncle communiste. C'est surtout le livre d'un amour déclaré : celui du cinéma, dans toutes ses formes, dans tous ses aspects : Cinéma de quartier, cinéma d'auteurs, salles obscures, gros films américains, ciné français... ce livre est une ode au grand écran tout simplement. Quand on y réfléchit, on comprend mieux alors ses autres textes, tellement visuels, tellement cinématographiques. Ce roman est effectivement un tournant dans l'écriture de Guéraud, moins frontale peut-être, plus posée sûrement mais pas moins intéressante et ce dernier l'aborde avec simplicité, presque avec retenue même (chose étonnante pour lui).

Chaque fin de chapitre reprend un extrait du film qu'il cite. Une chose est sure : Guillaume Guéraud atteint sans souci un objectif primordial : ce livre donne une furieuse envie d'aller au cinéma !!!

 

allez on ne vous fait plus attendre, voici sa petite vidéo bande annonce, du grand n'importe quoi comme toujours...

 

25 août 2010

Souviens-toi de la lune (Stéphane Servant) - chronique de Simon #76

4730266546_cd618d909b.jpgSouviens-toi de la lune

Stéphane Servant

Rouergue DoAdo Noir - 14 €

Carrefour porte mal son nom. Ville fantomatique de la Louisiane, elle n’est que le carrefour d’alcooliques et de paumés. Dans ce sinistre paysage, vit David qui finit une formation de garagiste. Mais cette vie ne lui va pas. Le mobil-home miteux de son père, ses colères, cette ville misérable sans avenir, tout le pousse à partir ailleurs. Comme il écrit, il veut se consacrer pleinement à l’écriture, se faire publier et quitter Carrefour et sa morosité. Justement, au lycée, intervient une ancienne gloire de la littérature, Frank Lebreton, qui a connu un succès fulgurant il y a quelques années. David décide de lui montrer ses manuscrits mais se fait humilier par l’auteur devenu aigri. Peu après surgissent sur sa peau quelques écailles… Une chose prend peu à peu le contrôle du jeune homme et lui dicte les textes qu’il écrit. Toute la violence retenue du garçon semble alors s’exprimer à travers la voix de cette chose qui semble inarrêtable. À cet instant, le roman semble basculer vers le fantastique. Après on ne sait plus trop. Entre une réalité sociale devenue assez floue et un fantastique qui paraît réel, surgissent pèle-mêle meurtres, schizophrénie, enfermement, démence ou romance. Chaque chapitre perd un peu plus le lecteur sans pouvoir se rattacher à un genre littéraire précis. Une chose est sûre en revanche : ce livre est absolument impossible à lâcher. La grande maîtrise littéraire de Stéphane Servant (déjà remarquée dans Guadalquivir 44249369_p.jpgparu chez Scripto Gallimard) fait le reste. La fin ne laissera sans doute pas indifférent – certains aimeront, d’autres resteront sur leur faim – en tout cas, tous devraient s’accorder à affirmer qu’on tient là un vrai bon roman pour ados et un acte littéraire ambitieux à défendre et à soutenir.

 

Le blog de Stéphane Servant

 

La couverture très très jolie de ce livre est signée par la photographe Dorothy Shoes

 

Attention parution de ce roman : le 8 septembre

20 avril 2010

La cérémonie d'hiver (Elise Fontenaille) - chronique de Simon #72

40319.jpgLa cérémonie d’hiver

Elise Fontenaille
DoAdo Noir, Rouergue - 6,50 €

Vancouver n’est pas que la ville des jeux olympiques d’hiver. C’est aussi la plus belle ville du monde. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Élise Fontenaille, l’auteur du roman La cérémonie d’hiver. On connaît tout l’attachement qu’elle porte à cette ville – elle y a vécu – qu’elle a déjà mise en scène dans son roman pour adultes Les disparues de Vancouver. Mais comme pour celui-ci, c’est une vision assez sombre de cette ville qu’elle nous transmet avec ce petit texte percutant.

Eden est une jeune indienne qui vit dans une tour au 23e étage au milieu de la Réserve, là où vivent tous les indiens de Vancouver. Elle vit de son amour des rapaces et notamment grâce à Sky, un aigle qu’elle élève comme sa fille. Sa grand-mère Violett vient de mourir à sa sortie de prison, victime de sa liberté. Eden ne digère pas. Elle a besoin d’une vengeance, comme le veut la tradition…

Ce texte court se révèle extrêmement percutant, comme un coup de poing venu de nulle part. L’intrigue est très bien mené et tient le lecteur en apnée jusqu’au dénouement, mystérieux et poétique. Un texte fort.