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polar

  • Un cri sous la glace de Camilla GREBE (Calmann Lévy)

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    Dans le genre polar, les pays nordiques et particulièrement la Suède ont leurs lettres de noblesse. C’était sans compter sur Camilla Grebe, qui signe ici son premier roman écrit toute seule (elle est déjà connue dans son pays pour des textes écrits à quatre mains).

     

    Emma est une jeune suédoise qui cache un secret : elle entretient une relation amoureuse avec son patron, Jesper Orre, riche homme d’affaires controversé, accusé de corruption et de harcèlement sexuel entre autres. Elle ne doit donc surtout pas ébruiter leur relation. Mais, quelques jours après leurs fiançailles, Jesper disparaît et le corps d’une femme, dont la tête a été découpée, est retrouvé dans sa villa. Peter, policier abîmé par la vie et Hanne, profileuse, sont chargés de l’enquête.

    Cela faisait dix ans qu’ils n’avaient pas travaillé ensemble. A l’époque, ils enquêtaient sur le meurtre d’un homme qu’ils n’ont jamais résolu. Peter et Hanne avaient aussi eu une relation amoureuse, qui avait échoué à cause de Peter. Bien évidemment leurs retrouvailles sont un peu tendues surtout que leur enquête réveille de vieux souvenirs.

    Au fil du roman, il s’avère que chaque personnage cache des zones d’ombre. Camilla Grebe a l’art de nous manipuler et nous offre un polar qui maintient le suspens jusqu’à la dernière page.

    La relève est donc assurée !!

     

    chronique de Delphine Bouillo

     ****

    Un cri sous la glace

    Camilla GREBE

    Editions Calmann Lévy - 21.90€

     

    Vous pouvez acheter ce livre dans notre boutique en ligne

  • CE MONDE DISPARU de Dennis Lehane (Rivages)

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    1943. La Seconde Guerre Mondiale bat son plein, et pendant ce temps, à Tampa, en Floride, la guerre des gangs sévit de plus belle. Joe Coughlin, qui régna sur la ville durant la période de la Prohibition, s'est désormais rangé et aspire à une vie tranquille aux côtés de son fils Tomas. Tranquille, jusqu'au jour où il apprend par une tueuse à gages que sa tête à été mise à prix et que le contrat dit être éxécuté le mercredi des Cendres. Le gangster repenti n'a plus qu'une idée en tête : découvrir qui doit exécuter le contrat et pourquoi sa vie est en jeu. Simple menace ? Vieille rancune ? Ou pire encore ; trahison d'un de ses proches ? Sa hantise : laisser son fils seul, orphelin, sans père ni mère.

     

    Dans ce dernier tome de la trilogie mettant en scène Joe Coughlin, Dennis Lehane nous livre une grande histoire de gangsters comme on les aime, avec un suspens implacable du début à la fin.

  • SANS UN MOT (Harlan Coben) - chronique de Sarah#01

    SANS UN MOT

    Harlan COBEN

    Pocket- 8.10 €

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    Comment faire pour être de bons parents ? A-t-on le droit de violer l'intimité de ses enfants au motif de vouloir les protéger ? Quelle est, dans ce cas, la limite entre ce qui est bien et ce qui est mal ? Harlan Coben soulève dans ce thriller haletant des questions auxquelles tout parent a déjà dû faire face. Mêlant deux intrigues de front, l'auteur fait durer le suspense jusqu'au bout, maitrisant à la perfection le genre policier. Rebondissements en tout genre et personnages attachants sont au rendez-vous. A lire de toute urgence.

     

  • Un vent de cendres ( Sandrine Collette)- Chronique de Dephine#42

    UN VENT DE CENDRES

    Sandrine Collette

    Denoël- 18€

     

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    Saison des vendanges dans la région Champagne. Camille et son frère Malo, inséparables depuis toujours, ont décidé pour la première fois de s'initier à l'expérience des vendanges. Ils débarquent sous une chaleur écrasante au domaine d'Octave et Andréas. Ces deux propriétaires viticoles ont un passé commun tragique qui les lie à tout jamais. Dix ans auparavant,  victimes d'un tragique accident, Andréas a perdu sa femme Laure et refuse de sortir de sa chambre depuis ce temps. Octave, quant à lui, a conservé une longue balafre sur le visage et une jambe boiteuse.

    Dès leur arrivée, Malo sent qu'il se passe quelque chose. En découvrant Camille, Octave est pris d'un malaise. La jeune femme, aux cheveux d'un blond extraordinaire, est le portrait craché de Laure. Mais évidemment, ce n'est pas possible, ce n'est pas elle. Malo veut alors mettre en garde Camille contre son patron. Elle ne veut pas l'écouter et une dispute éclate entre les deux. Le lendemain, Malo a disparu. Mais contrairement aux autres, Camille a un mauvais pressentiment et est persuadé que son frère est en danger.

    Sandrine Collette nous offre un thriller épatant jusqu'à la dernière page. Déjà remarquée lors de la parution de son premier roman Des noeuds d'acier aux éditions Denoël en recevant le Grand prix de la littérature policière, elle confirme ici tout son talent.

     

     

  • Avant d'aller dormir (S.J. WATSON) - chronique de Simon #139

    AVANT D'ALLER DORMIR

    S.J. WATSON

    Pocket - 7.60 €

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    Petite lecture d'été.

    Comme c'est un peu les vacances, je me prends traditionnellement 2-3 polars pour couper un peu avec la litté jeunesse...

    Cette fois-ce je suis parti avec Avant d'aller dormir et franchement c'était un très bon choix.

    Avant d'aller dormir nous plonge dans l'histoire de Christine, une femme atteinte d'amnésie. Chaque matin est pour elle synonyme d'angoisses terrifiantes. Elle se réveille et chaque jour c'est la même chose. Elle a l'impression de sortir d'une soirée un peu trop arrosée et la peur monte peu à peu. Elle ne reconnaît pas son corps, ses mains, ses seins, son visage. Elle pense avoir 20 ans, mais tout lui dit qu'elle en a plus de 40. Elle ne reconnait pas non plus l'homme qui dort à côté d'elle et pourtant quand il se lève, ce dernier lui parle calmement et la rassure. Il est son mari depuis très longtemps. Elle a eu un accident. Elle a perdu la mémoire. Tout va bien. Tout va bien... Chaque matin donc, elle va devoir vivre avec cette histoire qui ne lui évoque rien... Et puis il y a un troisième personnage, le Dr Nash, qui l'appelle souvent dans la journée et qui lui demande d'aller voir au fond d'un placard et de prendre un journal. C'est le sien. Elle l'a commencé il y a peu. Elle y note tout ce qui s'est passé dans la journée. Cela pourra peut-être l'aider à retrouver des souvenirs... Donc elle lit ces éléments, dont elle ne se souvient absolument pas pour la plupart, et commence à douter...

    Un roman extrêmement oppressant qui se mange en un rien de temps ! Pour son premier roman, l'auteur anglais S.J. Watson s'impose déjà comme une référence du genre et confirme les talents de dénicheurs des éditions Sonatine.

     

  • Richard P. nous parle de René Frégni (partie 2) - nos amis vous conseillent #14

    René Frégni, deux livres pour une même histoire

    2. Tuer et écrire pour échapper à l'enfermement

    Je reviens encore sur ces deux textes de René Frégni, lettres à mes tueurs et tu tomberas avec la nuit que j’ai lu cet été. Si la révolte contre le destin est au coeur des récits,  c’est que le destin, vu comme une suite d’évènements qu’on ne peut maitriser, s’exprime avant tout ici par l’enfermement.

    L’enfermement, René Frégni le connaît d’abord par ces ateliers d’écriture qu’il anime depuis une quinzaine d’années. Surtout quand il en vient, au détour du récit, à parler des histoires que racontent et se racontent les prisonniers. Ces histoires sont là pour permettre aux hommes de garder un peu de dignité et éviter qu’un jour ils ne ressemblent aux murs qui les entourent.

    C’est ensuite à l’Evêché que l’auteur l’expérimente. L’Evêché, c’est le commissariat marseillais dont la description nous renvoie aux geôles et aux oubliettes anciennes, à la rencontre du côté cave de chacun.

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    L’enfermement c’est enfin quand un juge prend possession du cerveau de l’écrivain comme une tumeur et qu’il l’empêche de faire ce qui le fait vivre : écrire pour manger peut être mais surtout écrire pour vivre. L’écriture devient alors un moyen de lutter contre l’enfermement, de sortir.

    Nous revient alors l’expérience carcérale d’un autre manosquin, Giono, qui sur les murs de sa prison, marseillaise également, traçaient des cartes imaginaires. Comme si on pouvait enfermer les écrivains ! Et surtout comme si, aussi, l’enfermement n’était pas avant tout mental !

    Avec la révolte initiale, le destin peut alors laisser sa place à l’histoire, celle de deux hommes qui luttent pour leur survie, l’un est un personnage et l’autre est son auteur.

    L’écrivain Frégni dit alors les deux voies possibles. L’une commence avec la nuit (tu tomberas…), l’autre semble être la seule réponse quand on arrive au bout de la nuit (lettre…). Mais l’écriture est plus forte que la nuit. Car si la voie sombre du crime conduit à la mort (lettre…) ; la voie lumineuse de l’écriture conduit à la délivrance (tu tomberas…). La réponse que donne le roman est la part sombre de la réalité (lettre…), l’histoire qui se serait passée si Frégni avait choisi de tuer le juge, comme il le dit au début de son autobiographie (tu tomberas…).

    L’alternative est donc la suivante, soit il faut alors choisir le monde de la nuit et donc le meurtre, la prison et au final la mort (lettre…), soit il faut revenir au jour et c’est la plume qui devient la solution (tu tomberas…). Car seule la plume peut conter la mort, celle qui écrit la « lettre ». L’écrivain renaît (René?)  alors !

    Et que dit-il de cette mort (lettre…) ? Il faut alors je crois interroger Vengo De Toni Gatliff. La mort de l’écrivain résonne alors avec la mort de Caco. Un flamenco mécanique aux étranges airs d’enfance. Une mort solitaire dans un lieu improbable. La fin inéluctable du père qui n’a pas protégé l’enfant. Lettre à mes tueurs est alors surtout l’écriture angoissé d’un romancier. Comme si écrire pouvait protéger de la mort ! La sienne, peut être mais surtout celle des autres.

    L’écriture est le miracle de ces deux livres. Une écriture identique qui raconte une même histoire selon deux angles différents : roman ou autobiographie. A chaque angle correspond ce choix fondamental des protagonistes que l’on peut exprimer selon différentes perspectives, toutes justes : écrire ou tuer ; vivre ou mourir ; sauver les siens ou les abandonner au destin ; veiller ou s’endormir.

    Il faut alors soit tuer le juge et s’endormir dans les chiottes d’une école maternelle, soit écrire son histoire et essayer tant bien que mal de retisser son existence. Ce qui pose alors la question de la réalité et de la manière de dire la réalité avec des mots ? Seul le récit est alors à même de dire ce qui s’est passé. L’histoire devient une histoire. Ce n’est pas nouveau mais le constater dans ces deux livres les rends encore plus passionnants.

  • Richard P. nous parle de René Frégni (partie 1) - nos amis vous conseillent

    Richard Peirano, documentaliste au lycée de l'Immac nous parle de ses lectures de l'été. Au programme, deux textes de l'écrivain René Frégni...

     

     

    René Frégni, deux livres pour une même histoire

    1. Un besoin de justice

    J'aurai donc lu du René Frégni pendant ce mois d’Août ! Manosque, la chaleur tout ça !fregniRev.gif

    J’ai lu deux textes de cet auteur, à la suite l’un à la suite de l’autre.  Un roman Lettre à mes tueurs et un texte autobiographique Tu tomberas avec la nuit. J’avais laissé Frégni sur une note de Céline avec Où se perdent les hommes, un roman que je n’ai pas trop apprécié, et je le retrouve dans les pas aujourd’hui de Camus. Un Camus enragé!
    En lisant les Quatdecouv, à la librairie au Poivre d’âne à Manosque, pas très loin de côté place, le restaurant de Frégni, je me suis douté que la rencontre de ces deux titres serait fertile.
    L’intérêt de René Frégni réside en partie dans son histoire personnelle dont il fait le terreau de ses histoires avec au centre le choix de fuir ou de combattre associé au besoin de justice, pas celle qui rend des sentences, mais celle qui a pour objet d’expliquer le monde. Frère jumeau de ce besoin de justice, un réel besoin d’écriture !
    Plus particulièrement dans ces deux textes, il revient sur son expérience de la prison et ses rapports avec les truands, côté place quand il parle de son expérience des ateliers d’écriture et côté cuisine quand le destin frappe à la porte de l’écrivain et le fait franchir les limites qui le sépare de ce monde de la pègre.
    Fuir ou combattre sont au coeur de ces deux textes, mais si les armes choisis pour ce combat sont différentes et conduisent donc logiquement à des épilogues différents. Dans le roman, tuer est la solution choisie ; dans l’autobiographie, c’est écrire qui va tuer le juge. La plume s’avérant alors plus efficace que le .22 surtout quand écrire ne consiste pas à faire « de belles phrases » mais à « boxer avec ses mots ». L’un est une fiction qui se nourrit de la réalité ; l’autre est l’écriture de la réalité pour crier au monde qu’il n’est pas le truand que voudrait son juge.

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    L’histoire de Lettre à mes tueurs commence quand un ancien ami, devenu un caïd du grand banditisme surgit en sang dans la vie de Pierre, écrivain en mal d’écriture, lui remet un cassette en lui disant de la planquer alors que les flics sont à ses trousses, et s’enfuit par le balcon.
    Dans Tu tomberas avec la nuit c’est une femme en colère qui surgit chez lui et lui demande, sans autre forme de politesse, de l’amener en Avignon visiter son copain, alors que l’écrivain y anime des ateliers d’écriture.

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    Dans les deux cas, le destin s’invite au dessert de l’écrivain qui change de statut et perd alors la faculté d’écrire. Ce destin déclenche des forces primitives et brutales (des tueurs sanguinaires ou une famille de tarés qui règne par la terreur sur un minuscule bout de ville) qui le mette en danger, lui et sa fille dont le rôle est centrale pour comprendre les choix qu’il va faire pus tard.
    La fuite s’impose alors dans un premier temps (partir au Danemark ou courber l’échine) avant qu’un premier acte de révolte (le retour vers Marseille ou boxer l’un des frères de Carine) ne le conduise à faire appel à celui qui lui a laissé son numéro de téléphone en lui disant de l’appeler jour et nuit s’il a un problème. Il faut 30 minutes à Max, le truand manosquin pour arriver chez Frégni ; un peu plus à Sauveur le bien-nommé au nom de parrain pour rejoindre Pierre.
    Dans les deux textes nous retrouvons quelques figures essentielles à commencer par celle du truand, héros fascinant et hors norme, conduit par un destin que l’on sait tragique. Il y a également le policier qui est présenté comme un professionnel qui fait son job, dont on peut se moquer un peu (l’orthographe) mais qui reste une figure essentielle car il évolue entre deux mondes, celui de la nuit et des truands et celui du jour et des « honnêtes gens ». C’est le policier qui lui dit de se méfier de tout le monde (lettre…) et qui ne comprends pas qu’on le mette en examen (Tu tomberas…). Il y a a enfin la figure du juge qui est à la fois le shériff et un être méprisant et falot dont le seul destin oscille entre la mort spectaculaire (lettre…) ou les flashs blafards de la conférence de presse (Tu tomberas…) mais qui dans les deux cas possède un pouvoir exorbitant dont il abuse…
    (à suivre)