Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • chronique de Gabriel #13

    2028690660.gifL'Ecornifleur

    Jules Renard

    Gallimard / Folio classique

    5€30

    9782070371679

    Dans ma série dépoussiérage (après Ivanhoé à la rescousse de Thackeray), je viens de découvrir (enfin, merci à Alain) un texte de Jules Renard, L'écornifleur, qui peut se traduire à peu de choses près par parasite. Si vous avez lu Bel Ami de Maupassant ça vous rappellera des souvenirs sauf qu'Henri l'anti-héros de ce roman est un loser pathétique. Empêtré dans son verbiage et ses postures d'artiste, il ne réussira à rien et s'engluera dans des situations ambigues et sans issue. Son projet, s'insinuer au coeur d'une bonne famille bourgeoise y avoir non seulement le gîte et le couvert mais surtout l'émerveillement, l'admiration pour sa situation d'hommes de lettres. Autoproclamé artiste, vaguement poète et romancier, beau parleur, il aura vite fait de s'attirer l'engouement de ses "hôtes". Après l'approche viendra le moment de partager pleinement leur vie jusque dans leur petite maison de villégiature sur la côte normande. C'est à Barfleur qu'il ruinera dans la honte et la culpabilité ses tentatives de charme du beau sexe.

    Mi roman mi pièce de théâtre, L'écornifleur est un roman surprenant, qui tient beaucoup aux premières expériences de Jules Renard comme jeune homme et poète. Dans un style alerte et plein d'images rustiques, animalières, style de fabrique de l'auteur de Poil de carotte, l'ambiance de ce roman de formation est pleine d'humour et de dérision pour la naïveté, la maladresse et le manque de réussite de son "héros" autant que pour la représentation du monde de l'art et des artistes dans la bonne société. Un je ne sais quoi d'actuel.

  • chronique de Simon #13

    449859550.jpgLitli soliquiétude

     

    Photographies de Séverine Thevene

    Texte de Catherine Leblanc

    Où sont les enfants ? - 24 €

    Il est pourtant difficile de faire rêver avec des photographies. Bien souvent l’implacable exactitude du regard photographique heurte l’imaginaire et rend difficilement accessible ce type de projet. Avec Litli soliquiétude, Séverine Thevenet et Catherine Leblanc réussissent avec brio ce beau pari.

    Les images de Séverine Thevenet, tout d’abord, sont remarquables. A la fois marionnettiste et photographe, cette jeune artiste joue parfaitement des deux arts pour mettre en vie sa petite marionnette Litli. Son travail photographique est remarquable. A la fois à l’aise dans le noir et blanc et la couleur, on peut ressentir tout le plaisir qu’elle a éprouvé à réaliser ces images. Ce projet a sans doute été pensé pour fonctionner tout seul et cela se sent. La narration des images est parfaite et poétique. L’histoire est facile à suivre et tout de suite on a envie d’accompagner Litli dans son voyage. On passe du noir et blanc à la couleur, du quotidien au voyage comme si les paysages d’Islande révélaient la vraie couleur de la vie pour Litli.

    On aurait pu se contenter de ce travail photographique. Cela aurait été un très bel album. Mais il a été choisi d’y rajouter un texte. Et on ne le regrette absolument pas. Le travail de Catherine Leblanc pour ce livre est admirable. Tout en retenue, tout en discrétion, un véritable travail d’orfèvre pour se mettre au service des images. C’est poétique et extrêmement efficace.

    Au final, le livre n’en est que meilleur. Et il vous donne une vraie bonne envie de voyager vous aussi…

     

    Simon Roguet