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  • Le Rayon de la mort (Daniel Clowes) - Chronique de Guillaume #35

    rayon de la mort.jpgLe Rayon de la mort

    Daniel Clowes

    Editions Cornelius

     

    Andy, un ado solitaire vit avec son grand-père malade, la seule famille qui lui reste. Sa morne vie change du tout au tout le jour où il découvre par hasard que fumer des cigarettes lui procure des super pouvoirs. Poussé par Louie, son ami non moins looser, il engage une inepte croisade à l’affût de toute manifestation du Mal, quitte à le provoquer par lui-même.

    Le Rayon de la mort s’inscrit dans la fameuse série Eightball (David Boring, Ghost World…) où Daniel Clowes nous croque avec un humour au vitriol une Amérique désenchantée et caricaturale au sein de laquelle se débattent des personnages tous plus paumés les uns que les autres. Il s’attache cette fois-ci à nous montrer une adolescence en mal d’idéaux et de sensations fortes, rêvant d’échapper à la vie ennuyeuse à mourir de leurs aînés mais n’arrivant qu’à s’échouer dans l’absurde. Clowes s’empare avec bonheur du personnage du super héros, cette indéniable allégorie de l’adolescent, en lui ajoutant sa touche acide caractéristique.

    Bref, un dessin impeccable, un scénario jouissif, du très bon Clowes…

  • L'Empoisonneuse (Meter / Yelin) - Chronique de Guillaume #34

    empoisonneuse.jpgL'Empoisonneuse

    Peer Meter / Barbara Yelin

    Actes Sud - l'An 2

     

    L’Empoisonneuse relate l’histoire authentique de Gesche Margarethe Gottfried, une brêmoise qui, sur vingt années, tua par le poison une quinzaine de personnes et en rendit malade des dizaines d’autres. La narratrice, une jeune femme écrivain venue de Londres, est entraînée dans l’euphorie malsaine qui gagne Brême du fait de l’exécution prochaine de la tueuse. A sa grande horreur, elle découvre une ville, pourtant de réputation libérale, complètement arc-boutée sur des valeurs autant misogynes que petites-bourgeoises…

    Ce célèbre fait divers allemand, mis en relief par la narration fluide de Peer Meter, spécialiste de ce fait historique, est sublimé par le dessin crayonné souple et expressif de Barbara Yelin, dont on avait pu découvrir le talent dans Le Visiteur ou Le Retard, déjà publiés en France par l’AN2.

    Un génial roman graphique qui témoigne d’une époque qui confronte idées libérales et conservatisme réactionnaire.