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Goodbye Berlin (Wolfgang Herrndorf) - chronique de Simon #115

 GOODBYE BERLIN

Wolfgang Herrndorf

Thierry Magnier - 16 €

 

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Bien souvent, les romans pour ados répondent à des normes classiques. Facilités de compréhension, narration linéaire, personnages sympathiques, fin heureuse, distinction assez aisée entre les bons et les méchants… Les codes, qui n’ont pas forcément une influence sur la qualité des textes, sont presque toujours respectés par le auteurs conscients de s’adresser à des lecteurs en devenir. Et puis très rarement, on tombe sur texte rare. Un texte qui va déroger à cette norme codifiée. On peut citer les textes de Anne-Laure Bondoux, ceux de Stefan Casta, Melvin Burgess, Guillaume Guéraud ou Anne Vantal. On aura maintenant ceux d’un allemand, encore inconnu en France, Wolfgang Herrndorf.

Goodbye Berlin est un roman surprenant, aussi bizarre qu’enthousiasmant. Il raconte sous la forme d’un road-movie, l’épopée de deux ados, Maik Klingenberg et Andrej Tschichatschow (surnommé Tschick). Loin d’être des super héros, sans même être des gars sympas du lycée, nos deux compagnons sont plutôt à ranger dans la catégorie « loser » des élèves. Ils sont typiquement ceux qu’on invite pas à son anniversaire, dirait Tatiana, dont Maik est amoureux, qui va justement ne pas les inviter. Invisible pour Maik, complètement dérangé et un peu alcoolique pour Tschick, ils vont malgré cela s’embarquer dans une aventure rocambolesque.


Alors que Maik s’apprête à vivre des vacances bien ternes – sa mère est repartie en cure de désintox, son père envolé avec sa secrétaire – Tschick, le nouvel élève de sa classe va bouleverser son petit confort de raté. Au tout début des vacances, il va débarquer dans une vieille Lada volée et l’entraîner plein Est sur les routes de la Valachie. Sans trop savoir où ils vont vraiment, les deux compagnons vont vivre une succession d’aventures et de rencontres plus étonnantes les unes que les autres : personnages atypiques, courses poursuites et tonneaux en montagne, hôpital, police, un ancien nazi, une fille des décharges déjantée… tout ce qu’ils vont vivre et rencontrer lors de cette route les marqueront à jamais.
En évoquant tout cela, on pourrait penser que ce roman n’est qu’une accumulation d’actions et de bouleversements comme on en trouve beaucoup dans la littérature ado mais bien au contraire, et c’est bien ce qui fait son intérêt, ce livre est plein de faux rythmes volontaires. Les actions détonantes se succèdent mais elles restent toujours secondaires. L’amitié et les rencontres que vont faire Maik et Tschick sont l’essence même du roman. On sent bien que toutes ces épreuves, ces épisodes, aussi incongrus et drôles soient-ils ne sont là que pour renforcer l’amitié naissante des deux ados. Comme ils sont en plus déjantés et différents, cela prend une démesure très intéressante pour l’histoire.


Et puis surtout il y a l’écriture de Wolgang Herrndorf. À la fois romantique, tendre et enlevée, elle permet de tenir toute l’histoire complètement délirante dans une justesse assez étonnante. On a envie d’y croire, de croire à cette relation, de croire en ces personnages qui nous laissent une fraîcheur de vie et une envie d’aventure assez unique en ce moment. On comprend pourquoi ce roman a été récompensé en Allemagne par un des prix les plus prestigieux en jeunesse.

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