31.12.2007
le petit dossier de Gabriel #02
Jimmy Beaulieu et l’écurie Mécanique GénéraleQuelques pelures, Résine de synthèse, Le moral des troupes...
Dilettante du dessin et musicien de la BD, Jimmy Beaulieu est un acteur important de la scène BD montréalaise. Venue à la BD un peu par hasard, il a fait tous les métiers possibles autour de l’art séquentiel (libraire, éditeur, conférencier, commissaire d’exposition...) avant de se consacrer à la production de ses propres projets et à son poste de « coach » (directeur de collection) chez Mécanique Générale. Fin des années 90, il publie ses premières BD et participe à la création des éditions de La Pastèque, de la revue Spoutnik et du centre de diffusion F-52. En 2001, il créé avec deux collègues dessinateurs, Leif Tande et Sébastien Trahan, accompagné de Luc Giard, Benoît Joly et PhlppGrrd, l’écurie Mécanique Générale, collectif de six auteurs et maison d’édition. MG explore le médium de l’image séquentielle à bulles avec liberté et poésie, selon les propres envies de leurs auteurs. Véritable laboratoire de création, les éditions MG publient les projets personnels de leurs auteurs mais aussi des petits nouveaux comme des plus confirmés (MG vient d’éditer Véro d’Edmond Baudoin), des collaborations et des collectifs d’auteurs.
Avec un dessin souvent proche du crayonné, et un trait hérité de la ligne claire, rapide et efficace, Jimmy Beaulieu nous raconte des histoires du quotidien, des petits riens aux grands moments, sa vie est une source d’inspiration constante ainsi que sa ville d’adoption, Montréal. Dans Quelques pelures et Résine de Synthèse, qui se répondent, il nous raconte la solitude, la recherche de l’âme soeur puis une fois sa blonde trouvée, la vie commune, le tout arroser d’une bonne dose d’ironie et d’autodérision. Dans Moins vingt-deux degrés Celsius, son album le moins personnel et écrit en trois jours, Beaulieu exprime la solitude d’une femme en manque d’affection qui se réfugie avec son chat dans le visionnage des films de Steve McQueen. (A voir presque uniquement pour le dessin de cette femme belle et fragile). Le moral des troupes, qui doit être sa BD la plus aboutie, reprend le cours autobiographique de Beaulieu à Montréal, sa nouvelle vie avec sa blonde, sa relation aux femmes et au monde, qu’il déplore froid et cynique. Dans la veine roman graphique (le livre compte plus de 150 pages), il se replonge également dans son enfance, sa vie à Québec, la famille et les copains d’enfance. Est à paraître bientôt, son dernier album, Ma voisine en maillot, qui traitera à l’inverse de Moins vingt-deus degrés Celsius, de l’exubérance estivale et d’une histoire d’amour qui peut se consacrer à elle seule pendant le temps d’une coupure générale d’électricité.
Gabriel / M’Lire
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29.12.2007
chronique de Delphine #03
Birmane
Christophe Ono-dit-Biot
Plon- 21€
Un journaliste part en Birmanie à la recherche d’une interview du plus grand trafiquant de drogue de tous les temps. Il découvre grâce à la stupéfiante Julie, médecin français, toute l’ampleur de la dictature . Un récit d’aventure fascinant au coeur d’un régime qui fait peur.
Delphine Bouillo
18:45 Publié dans chroniques de Delphine, littérature adulte | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
chronique de Stéphanie #04
Scrublands
Joe Daly
éditions de l'Association - 20 €
9782844142429
Une bande dessinée hallucinée composée de plusieurs saynètes qui mettent en scène des personnages rocambolesques : Un artiste incompris, un junky rasta aux costumes évocateurs, un aquaboy qui va connaître la souffrance...
Joe Daly, un jeune illustrateur sud-africain, nous plonge dans l'absurdité de quotidiens avec des illustrations diverses mais toujours habitées.
Une excellente BD où on se plaît à rire à chaque page.
Stéphanie Marbach
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le petit dossier de Gabriel #01
Un homme est mort
Kris et Etienne Davodeau
Futuropolis - 15€
A la lecture d’Un homme est mort, l’émotion transmise par le récit fut si prégnante que les larmes coulèrent, et en y réfléchissant bien, c’est la première fois qu’un récit graphique me fait cette impression là. 1950. Brest est presque entièrement détruite par les derniers combats de la seconde guerre mondiale. Ville stratégique pour les deux camps, elle fut le siège de combats acharnés deux mois durant. Tout est à reconstruire. Des milliers d’ouvriers se mettent au travail pour faire à nouveau sortir de terre une ville qu’on leur avait volée. La guerre, la Libération, la nouvelle organisation politique du Monde laissaient une grande place à l’espoir et à la vie retrouvée mais aussi au doute, à l’insécurité. Le rationnement, la pénurie, le problème de logement rendait le quotidien précaire. Du côté politique, les mouvements d’émancipation des colonies et en particulier l’Indochine rappelait que la guerre se poursuivait quelque part. Dans ce contexte incertain, les avis divergent sur le parti à prendre mais la cohésion des différents groupes syndicaux et politiques va s’opérer tout de même. Il faut ajouter que Brest, ville d’ouvriers et de dockers fortement marqués à gauche, est entourée d’une campagne fortement catholique, encore appelée « terre des prêtres ». Les communistes de la CGT (« moscoutaire »), de FO (née d’une scission avec cette dernière) et les mouvements chrétiens comme la CFTC et la JOC, vont s’unir pour créer un élan et une dynamique prêt à faire évoluer le choses sur le plan social pour les travailleurs et par conséquent pour toute la population. Le printemps 1950 sera rouge et malheureusement un homme en mourra.
Cependant, ce livre n’est pas essentiellement une histoire du mouvement social de mars-avril. Il est surtout la renaissance ou l’adaptation en bande dessinée, d’un film, également intitulé Un homme est mort et tourné par René Vautier, les jours suivants le décès d’Edouard Mazé, le 17 avril 1950. De retour en France après avoir terminé un documentaire sur le colonialisme français (Afrique 50) et recherché par la police, René Vautier est appelé par la section CGT de Brest pour « couvrir » les manifestations du printemps 1950. Fortement secoué par la mort d’Edouard Mazé, il filme la ville paralysée, les hommes et les femmes, l’enterrement de Mazé et monte le tout sans avoir pu prendre de son. Lui vient l’idée de lire pendant la projection, un poème d’Eluard, écrit en hommage à Gabriel Péri. Douze minutes de film, entièrement perdues puisqu’à force d’être projetée la pellicule se brisera après plus de 150 projections dans et hors de Brest. Douze minutes qui vont servir à montrer la vie, les conditions de travail et les attentes d’une population qui ne demandait qu’un peu plus, un petit mieux, pour vivre sans avoir trop à se soucier du lendemain. Douze minutes pour célébrer un combat, le justifier et honorer la mémoire d’un homme tombé pour rien, un petit mieux. Douze minutes rendues en soixante-quatre pages ciselées, qui auront demandées quatre années de travail et de recherches à Kris, le scénariste à la base du projet. Accompagné par Etienne Davodeau qui continue avec talent, à montrer que la bande dessinée peut traiter du réel, de sujets graves, quotidiens, proches de nous ou politiques. Son dessin est juste, efficace, humain et la colorisation nous transporte dans l’atmosphère de ces jours et ces nuits de tensions, de combats, d’espérances.
Un dossier, en fin d’ouvrage accompagne et complète le récit.
Gabriel Pailler
18:40 Publié dans les dossiers de Gabriel | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
chronique de Gabriel #06
Le journal de Yaël Koppman
Marianne RUBINSTEIN
Sabine Wespieser Editeur - 19€
9782848050553
Comment réussir à faire de la Chick Lit, quand on est professeur d’économie et que l’on n’a aucune estime de soi. Eh bien tout d’abord, trouver un personnage glamour, se conformer à quelques règles du genre, se sentir au milieu d’un microcosme urbain et avant-gardiste tout en étant désespéré de ne pas en faire partie, parler de soi, dire du mal de son entourage... Mélangez le tout et grâce à Marianne Rubinstein vous obtiendrez le magnifique journal de Yaël Koppman. Prof d’économie à l’université, passionnée par Keynes et Virginia Woolf, Yaël est une trentenaire qui s’ennuie et quand sa cousine Clara lui conseille d’écrire un roman de Chick Lit, elle trouve le personnage d’Angelica Garnett, filleule de son économiste préféré J.M.K. et de son écrivain favori V.W.. Etrange miroir que celui d’Angelica et du Bloomsbury qui vont projeter Yaël dans sa propre enfance et dans ses relations conflictuelles avec sa mère. Intelligent, drôle, tendre, Marianne Rubinstein réussit un très bon roman dans lequel on se laisse glisser avec délectation.
Gabriel Pailler
18:35 Publié dans chroniques de Gabriel, littérature adulte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
chronique de Gabriel #05
Les merveilles du monde
Célia Houdart
POL - 10 €
9782846821933
Les merveilles du monde est un texte court, étrange et fascinant. Une histoire banale, Igor trente ans environ, suisse et photographe, voyage, expose ses travaux, rencontre une belle espagnole au Mexique et disparaît. Premier roman inclassable où l’on se surprend à se perdre dans une vie ordinaire, comme au milieu des éclats de verre qui constelle la moquette de l’appartement d’Igor. Une écriture mesurée, en retrait face aux évènements, théâtrale et qui assure au texte son pouvoir de séduction.
Gabriel Pailler
18:30 Publié dans chroniques de Gabriel, littérature adulte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
chronique de Delphine #02
Les belles choses que portent le ciel
Dinaw Mengestu
Albin Michel - 21.50 €
9782226179760
Sepha Stephanos, émigré éthiopien, tient une épicerie dans le quartier de Logan Circle à Washington. Installé depuis de longues années le rêve américain n’est que désillusion : il croûle sous les dettes, habite un appartement miteux et sa vie sociale se résume à deux amis également émigrés. Sa vie et celle du quartier vont être bouleversées par l’arrivée de Judith, une femme blanche et sa fille métisse. Premier roman touchant et intelligent. Une belle découverte.
Delphine Bouillo
18:15 Publié dans chroniques de Delphine, littérature adulte | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
notre sélection musicale du mois de décembre - part 01

FRENCH COWBOY - Baby face nelson was a french cowboy
Nouvelle formation des Little Rabbits, les French Cowboy débarque avec ce nouveau CD folk à la sauce western spaghetti.
On retrouve les musiciens habituels de Katerine qui formaient déjà les Little Rabbits de la grande époque autour du génial Frederico Pellegrini.

JOSE GONZALEZ - In our nature
Un petit chef d'oeuvre pour le deuxième album du folkeux suédois. Les compos sont excellentes et Gonzalez s'installe tout de suite aux côtés des meilleurs songwriters de sa génération.
Nous vous conseillons en petit coup de coeur la reprise de Teardrop de Massive Attack.

JENS LEKMAN - Night falls over Kortedala
Un disque qui va vous faire du bien. Il y a du crooner chez ce jeune artiste qui nous fait penser à ce qu'aurait pu devenir Jay Jay Johansson en mieux... Réjouissant !

TENDER FOREVER - Wider
Deuxième album pour la bordelaise découverte lors d'un concert au 6par4 l'année dernière.
On retrouve sa pop déjantée avec beaucoup de bonheur.
Mélange de bidouillages électroniques divers où se pose une voix entêtante.
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chronique de Gabriel #04
La femme toute nue
Karine Bernadou
éditions Sarbacane - 12.50 €
9782848651866
Compilation de petites histoires, La femme toute nue est un livre inclassable, une de ces petites perles qui sortent leurs têtes des rayons pour nous sourire et nous inviter à entrer dans leur magie. Ni véritablement un livre d'illustrations ni une bande dessinée, cet album publiée par les "frétillantes" éditions Sarbacane est rempli de poésie, de tendresse et d'humour. Laissez-vous guider par ces petites saynètes d'une page ou deux, histoires muettes qui parlent directement à notre regard et à notre coeur.
Gabriel Pailler
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chronique de Claire #02
Ya San
Dessin de Huang Jia Wei
Scénario de Wang Bang
Kana collection Made In – 8,50 €
9782505001881
Ya san est le prénom d’un jeune garçon, vivant dans une ville qui s’asphyxie par son propre abandon. Un mal puissant envahit, s’immisce. Des disparitions inexplicables se produisent et anéantissent tout espoir.
Le coup de crayon de Huang Jia wei nous emmène dans les retranchements du réel, par un graphisme fouillé, riche et chargé d’émotion. L’étrangeté, le mystère, l’angoisse prend possession du lecteur, l’enivre et le lâche au beau milieu d’un cauchemar d’une beauté onirique inéluctable.
Entre légende, science fiction, fable philosophique, Ya San est un voyage dont on ressort perplexe, embué. Le texte de Bang Wang accompagne le dessin par des mots forts et un récit qui controverse la condition humaine.
Claire Lefeuvre
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