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  • Doug & Buster ordibook (Tofépi) - chronique de Simon #50

    41UqHoXbWaL._SL500_AA240_.jpgDoug & buster ordibook

    Tofépi

    Homecooking books - 9 €

    Au premier abord, rien ne pouvait nous laisser imaginer ce que cachait ce petit trésor. Couverture glacée magnifique (livre de graphisme ?). Logo orange très graphique (bouquin d’informatique ?). Intérieur dessiné noir et blanc (BD indé ?). Seuls les deux personnages de l’ours et du pingouin sur leur petit bout de planète nous indique qu’il pourrait s’agir d’un ouvrage pour la jeunesse. De toute manière, ce livre est particulier. Il aura du mal à trouver sa place dans un rayon. Tant mieux, nous, libraires, devront le mettre sur table, bien devant, prêt pour le conseil. Car ce livre mérite notre soutien. Bouquin inclassable, entre livre d’activités, de jeux, livre d’humour, livre bilingue (anglais – français : tout est traduit), livre décalé et déroutant, ce petit ouvrage a plus d’un atout dans sa poche. En plus il a la bonne idée d’être beau. Cela n’a rien d’étonnant quand on sait qui se cache derrière ce projet. Sous le nom des éditions Homecooking books, on retrouve l’une des fondatrices de l’excellente revue, maintenant disparue, l’Œil électrique. Cette revue pour ceux qui ne la connaissent pas a marqué la fin des années 90 et le début des années 2000 par sa richesse et son innovation graphique. C’est donc vraiment un plaisir de retrouver cet esprit – libre et indépendant – dans des livres pour la jeunesse. Ce n’est pas très étonnant non plus d’apprendre que c’est Tofépi (qui a déjà signé quelques BD au Seuil) qui œuvre sur ce projet. On ressent parfaitement le plaisir qu’il a pu avoir en créant ces activités loufoques.

    Toute la famille pourra donc s’amuser avec cet ordibook réel (le premier ordinateur en papier ! beau contrepied à l’ebook… ) en jouant à de vraies activités un peu bêtes, en apprenant presque par erreur l’anglais (le jeu de la mise en page fait que l’on lit en premier l’une ou l’autre des langues ; là également le jeu l’emporte sur la pédagogie) et en suivant surtout les folles aventures de nos deux amis Doug et Buster.

  • nos clients vous parlent de leurs lectures #09 - rouge crime (Mary Hoffman)

    9782081211674.gifRouge Crime

    Mary Hoffmann

    Flammarion jeunesse - 13 €

     

    Silvano est jeune, beau, riche et amoureux d'Angelica. Le seul problème, c'est qu'Angelica est mariée. Or, un jour le mari se fait tuer à côté de Silvano et on retrouve son poignard dans le corps du pauvre homme. Silvano se réfugie donc dans un monastère en attendant qu'on le blanchisse. Malheureusement, un homme se fait tuer dans ce même monastère d'un coup de poignard...

    C'est un beau roman d'enquêtes au moment de la Renaissance, qui parle d'amour et de peinture en passant par la mort. Mary Hoffmann signe là un très beau roman jeunesse.

     

    Léa André

  • Aquarium (Yann Fastier) - chronique de Simon #49

    9782913741829FS.gifAquarium

    Yann Fastier

    L'atelier du poisson soluble - 10 €

    La couverture ne me laissait pas beaucoup d’espoir quant à l’originalité… Un beau poisson multicolore sur un fond bleu vert. D’autres poissons sans couleurs que l’on devine. Ce n’est pas sans nous rappeler quelques histoires un peu gentilles. Et puis l’espoir revient tout à coup : l’auteur de ce livre s’appelle Yann Fastier, un auteur illustrateur qui laisse rarement indifférent (Pfff, Corrida, Rapport secret sur les dents de lait). Et puis c’est édité à l’Atelier du poisson soluble. Alors j’aurais dû m’en douter. Comprendre plus vite. Le mignon petit poisson est en fait un sale poisson détestable. Il est hautain, fier de lui et de sa beauté. Sa fin et la chute n’en sera que plus cruelle et savoureuse. Pour notre plus grand bonheur.
    Aquarium est un parfait album pour les plus jeunes qui allie humour et sarcasme et fait du bien dans l’univers aseptisé des livres pour les plus petits…

  • Gagner la guerre (Jean-Philippe Jaworski) - Chronique de Guillaume #29

    gagner la guerre.gifGagner la guerre

    Jean-Philippe Jaworski

    Les Moutons électriques - 28 €

     

    Si vous aviez cru (par exemple en lisant ma dernière critique) que Le Nom du vent, l’excellent roman de Patrick Rothfuss, était le roman de fantasy de l’année, veuillez accepter mes plus humbles excuses car c’était sans compter sur la lecture de Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski aux remarquables éditions du Mouton Electrique, qui vont sans doute par le succès fort probable de cet ouvrage se voir récompensées de leur contribution pointue au paysage imaginaire français.

    Déjà détenteur du prix du Cafard Cosmique pour son recueil de nouvelles Janua Vera dont une relatait déjà les élucubrations crapuleuses de Don Benvenuto, Jean-Philippe Jaworski récidive avec notre redoutable tueur à gages dans ce pavé qui fera date. Tout au long de cette épopée au suspense précoce qui vire sur la fin à l’insoutenable, Jaworski nous éblouit d’une plume acérée plongée dans une encre au vitriol. Jamais il n’épargne son lecteur comme en témoignent de fort violentes descriptions anatomiques pratiquement dès l’entame. Son souci maniaque du détail déclenche une complète immersion dans un univers fantastique immense et complexe, empruntant son contexte à la fois à l’Antiquité romaine ou grecque et au Moyen-Age occidental ou moyen-oriental et ce, sans pour autant freiner l’action galopante.

    L’intrigue très bien menée se noue et se dénoue au gré de manœuvres politiques, de complots crapuleux et de règlements de comptes scabreux, presque toujours aux dépends de Benvenuto qui en subit cruellement les conséquences. Rarement héros n’a autant souffert ! On lui pardonnerait presque les horreurs qu’il commet sans états d’âme et on admire ses coups d’éclat.

    Bref, Gagner la Guerre a tout ce qu’il faut pour devenir une pièce maîtresse de la fantasy française, dans une parfaite illustration du proverbe «  A salaud, salaud et demi… »

  • Le nom du vent (Patrick Rothfuss) - chronique de Guillaume #28

    9782352942832.gifLe nom du vent

    Patrick Rothfuss

    Bragelonne - 30 €

     

    Premier tome de la trilogie « Chronique d’un tueur de roi », Le Nom du vent est un incroyable pavé possédant le pouvoir peu commun d’empêcher tout lecteur de le refermer une fois ouvert. Tous les ingrédients y sont : une narration mise en abyme savamment rythmée, un suspense insoutenable, des personnages attachants, une histoire d’amour à épisodes inattendus, des méchants plus que mystérieux… Rien n’est épargné au lecteur qui battra sur ce livre tous ses records de vitesse de lecture.

    Située dans un univers médiéval fantastique relativement classique, l’histoire que nous conte le narrateur, également personnage mythique de ce monde dangereux, est l’histoire de sa propre vie. Dans cette première partie, Kvothe, notre héros étrangement devenu tavernier dans un village reculé, évoque son éducation, de celle de ses parents jusqu’à l’Université. Excellant dans tous les domaines, des arts du combat à la magie en passant par les arts lyriques, on devine déjà de quelle extraordinaire étoffe l’adulte sera fait.

    Un régal dont la seule amertume est de voir venir inexorablement les dernières pages en sachant que la suite n’est pas prévue avant 2010.