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  • Shantaram - chronique de Gabriel #16

    371739122.jpgShantaram

    Gregory David Roberts

    Flammarion

    23 € (édition grand format) / 13  € (J'aiLu)

    On se demande parfois comment la vie s'accroche à certaines personnes avec autant d'acharnement. A moins que ce soit l'inverse ? Enfin, tout en lisant Shantaram, roman fleuve de plus de 800 pages, véritable quête rédemptrice d'un ancien braqueur de banque héroinomane, et même après avoir tourné la dernière page, je fus littéralement happé par le destin de cet homme, fugitif australien qui débarque à Bombay au début des années 80. Roman en très grande partie autobiographique, Gregory David Roberts a largement évité les écueils dus à ce genre de livre. C'est raconté avec humilité et respect autant pour les personnages qui sont en fait des personnes ayant réellement existé, que pour le lecteur, ce qui ne nous donne pas l'impression que le héros est un fier à bras orgueilleux et/ou que ce roman est une promenade touristique dans le Bombay des années 80. Des bidonvilles d'une mégalopole en expansion en passant par la vie dans un village indien traditionnel, les prisons indiennes, la mafia, le djihad pour finir par être rattrapé en Allemagne, Roberts fait passer son personnage principal par toutes les aventures et mésaventures d'un héros moderne, sans oublier et c'est ce qui fait aussi le charme de ce livre, l'Amitié et l'Amour, les jalons qui lui permettront de rester debout.

    Un roman dont  le style n'est pas révolutionnaire mais efficace et encore une fois plein d'humilité, la trame bien ficelée et une construction au suspense haletant qui vous emportera à coup sûr comme il l'a fait avec moi. Un bon, un très bon roman d'été.

    Un conseil, lisez Shantaram en grand format, la version poche de J'ai Lu a rétréci la police de caractère ce qui vous donnera à coups sûrs la migraine et  vous fera penser que j'ai éxagéré voir même menti dans cette chronique.

  • billy wild t02 - chronique de Guillaume #11

    1704883940.jpgBilly Wild  tome 2/2 Le 13ème Cavalier

    Ceka - Guillaume Griffon

    Akileos - 15 €

    On avait déjà été très impressionné en découvrant l’année dernière le premier tome de Billy Wild qui révélait au grand jour le talent hors norme de son jeune dessinateur. Ce coup de cœur est parfaitement confirmé avec cette suite et fin des aventures de l’immortel flingueur qui parachève ici son œuvre vengeresse en contrariant les machinations destructrices du maléfique Linus. Le macabre noir et blanc de Griffon est toujours aussi léché, l’histoire de Ceka diaboliquement simple et efficace. Un coup d’essai magistral donc pour ce diptyque indispensable. 

  • le sens de la vie et ses frères - chronique de Guillaume #10

    1798285239.gifLe Sens de la vie et ses frères


    Eric Veillé


    Cornélius - 12 €

    Un petit livre qui choisit, en autant de saynètes que de pages, de transcender le quotidien par l’absurde, de rajouter à l’ordinaire l’extra qui lui manque parfois cruellement. Tout ne va pas forcément bien dans le monde d’Eric Veillé, au contraire même, mais rien n’est plat, tout a ce petit relief tordu, poétique qui porte l’émotion, la larme à l’œil ou le sourire aux dents.

  • chronique de Guillaume #09

    189207496.jpgChpop le lapin

    Édouard Manceau

    La P’tite Étincelle, Frimousse - 6.40 €

    Édouard Manceau perpétue la longue et efficace tradition des livres caca prout (La petite taupe…, Victor-qui-pète…) en ajoutant un nouveau titre intitulé Chpop le Lapin à La p’tite étincelle, collection pour petits très rigolote et normalement plutôt sage. Chpop ! c’est le bruit entendu lorsque Madame Sent-bon met un bouchon dans le derrière de ce lapin pour qu’il arrête de faire des crottes ! Ah, le pipi-caca ! Tout un art de rire, ou quand une certaine défiance face à la naïveté ambiante pour les plus petits rejoint la triviale régression des plus grands !

     

     

    Léon l'étron385299021.jpg

    Killoffer

    Tête de lard Thierry Magnier - 6.50 €


    Plus subversif, dans la très éclectique collection Tête de lard de Thierry Magnier, Killofer ajoute le bête et méchant au pipi caca en signant Léon l’étron sous-titré un livre très marron en cacamaïeu. On peut y suivre avec force rimes et détails les déboires amoureux olfactifs de ce pauvre Léon, le menant irrémédiablement à la dépression puis au suicide.
    Tout ça est un peu honteux, un peu dégueu, pas très moral mais ce n’en est que plus drôle. Et quand on voit l’avalanche de livres bien roses ou bien bleus qui submergent nos rayons jeunesse, un peu de marron nous fait le plus grand bien !

     

    Guillaume Boutreux 

  • chronique de Simon #17

    1575904480.jpgMénageries

    Aurore Petit

    Thierry Magnier - 13,50 €

    On pourrait trouver ce livre complètement déplacé, un poil gênant, limite malsain. « Comment cela ? Faire de l’anthropomorphisme gratuit. »
    Déjà, échanger les visages des hommes avec des têtes d’animaux, c’est un poil dérangeant ; quand en plus on leur prête des sentiments humains, cela en devient tout à fait troublant.
    Eh bien oui ! et c’est cela qui est bon justement. Le travail d’Aurore Petit est un petit régal, autant pour l’illustration que pour l’humour grinçant. Il y a un petit quelque chose de british (une sorte de Glen Baxter pour enfants) qui n’est pas commun en littérature de jeunesse.
    Ce livre s’adresse évidemment à tout le monde, puisque chacun y prendra ou comprendra ce qu’il voudra. C’est le propre de tout bon livre. En tout cas, c’est du bonheur pour nous.

     

    Simon Roguet 

  • chronique de Gabriel #15

    1629447497.gifLes ensembles contraires, première partie

    Kris, Eric T. et Nicoby 

    Futuropolis

    24 €

    9782754801430

    Kris a une fâcheuse tendance à me prendre aux tripes et au coeur avec ses histoires (voir ma chronique sur Un homme est mort). Ecrit avec la complicité d'un ami de toujours, Eric T., Les ensembles contraires est l'histoire de cette rencontre et de cette amitié inattendues qui lie les deux scénaristes depuis leurs 17 ans.

    Prévenu dès le départ, je ne crois pas que ce soit le côté "histoire vraie" qui m'est tant plu mais le découpage, la scénarisation de cette "rencontre du deuxième type" tel que le projet se nommait au départ. Un copain de copain, le ping pong et c'est les rebondissements de la vie qui commencent. Entre génèse de l'amitié, premiers souvenirs de vacances, de filles, de matchs de ping-pong au début des années 90 et débuts difficiles dans une vie d'adulte, Kris et Eric T. nous bercent entre plaisirs légers, futiles et sentiments oppressants dus le plus souvent à ceux qui nous sont le plus proches.

    Une BD que je rapprocherais volontiers d'une autre, Petites éclipses, qui m'a également touchée en plein coeur. Certains pourront me reprocher le côté générationnel de mes sentiments. Au contraire, je pense que ces histoires appuient là où ça fait mal et font ressortir des émotions non pas uniquement propres à une génération d'individus mais à toute une société contemporaine sans repères, sans barrières morales et normatives dans ses relatrions à l'Autre et qui se cherche des histoires pour s'y perdre et finalement se trouver.

  • chronique de Gabriel #14

    1395636137.jpgGarden of love

    Marcus Malte

    Zulma - 18.50  €

    9782843043895

    Gros coup de coeur pour ce roman noir, sombre et torturé.

    Alexandre Astrid, vieux flic mis au placard à cause de ses débordements de loi, reçoit un jour un mystérieux paquet renfermant un manuscrit. Sans prendre garde, il va se jeter dans le dernier piège tendu par son plus vieil ennemi, un tueur pervers et retors qu'il n'a jamais réussi à coincer. Au fur et à mesure de sa lecture il va se rendre compte que l'histoire est un mélange de sa propre vie avec celle schizophrénique de l'auteur et c'est une plongée dans un passé souvent glauque où le bien et le mal se confondent.

    J'ai pris un très grand plaisir à lire ce livre polyphonique, il y a comme une ambivalence d'attachement et de repoussement avec les personnages. Le style est court, concis, direct et il ne laisse aucune place au répit et à l'espoir. La perversion est prégnante dans ces bouts de vie  et elle se perçoit aussi bien du bon que du mauvais côté de la loi ou de la morale. Pour finir la construction est bien huilée et on se laisse perdre corps et âme dans ce labyrinthe de voix et de mots.