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  • Dans la cour de mon école - chronique de Simon #54

    9782844207814.gifDans la cour de mon école

    Sylvain Victor

    Editions Thierry Magnier - 13,30 €

    Dans la cour de cette école, il y a Valentin, il y a Pierre, et puis Soulémane. Il y a aussi Gunnel, Sabine et Kahina… Il y a tout un tas d’enfants dans cette école. Des enfants de toutes origines, de tous les caractères aussi puisque chaque enfant est différent. Et puis il y a Mona et Manu, deux enfants parmi les autres. Ce sont les deux narrateurs de ce récit. Ce sont eux qui vont nous présenter les enfants, chacun à sa manière, chacun avec ses affinités, sa vision des autres. Ils vont tous les deux nous faire un portrait d’une dizaine de leurs camarades en quelques mots.

    Et là notre regard change d’un coup. A la fin de la lecture de cet album, un sentiment étrange nous parvient. Chaque enfant peut être perçu différemment et cette double vision des deux personnages pourtant très proches (ils sont amoureux) permet de vite prendre une distance avec les portraits qu’ils dressent. Ils sont pourtant sincères tous les deux. On les croit autant l’un que l’autre mais selon le lien qui existe, la façon de penser ou la distance, on voit bien comment le jugement sur l’autre se fait. C’est assez impressionnant. Que retenir de cet ouvrage ? un peu de distance sur notre jugement, un catalogue sans cliché de portraits d’enfants, une promotion de la diversité, un dessin épuré, un jeu graphique impeccable de l’auteur… La liste pourrait être longue. En tout cas, cet album est une vraie réussite à découvrir.

  • Les épées de verre T01 - chronique de Guillaume #31

    CouvertureFinale.jpgLes épées de verre T01 Yama

    Scénario : Sylviane Corgiat

    Illustrations : Laura Zuccheri

    Les Humanoïdes Associés - 12,90 €

    Un premier tome très prometteur pour cette histoire de fantasy plutôt classique : un monde sous la domination d’un ordre chevalier cruel voit son soleil s’éteindre petit à petit ; une jeune fille, Yama, dont le père meurt en héros face au tyran jure de le venger et se voit entraînée par la même occasion dans la quête qui pourrait sauver sa planète…

    La narration de ce conte dessinée tient très bien la route et on est rapidement sous le charme du dessin de Laura Zuccheri, qui, pour sa première bande dessinée, risque de faire une entrée très remarquée. On pense à Léo (Les Mondes d’Aldébaran) ou encore à Miyasaki sans aucun mauvais plagiat ! L’expressivité des personnages, l’inventivité du bestiaire et la fluidité des scènes d’action a de quoi laisser pantois.

    Vivement le second tome pour cette série qui en comptera cinq.

  • Etranger à Berlin - chronique de Simon #53

    42904090_p.jpgEtranger à Berlin

    Paul Dowswell

    Traduction Nathalie Peronny

    Naïve - 18 €

    Piotr vient de perdre ses parents. Nous sommes en 1941, la Pologne est envahie. Le jeune garçon est alors placé dans un orphelinat où il est bientôt repéré par un groupe qui cherche de jeunes polonais au profil aryen exemplaire. Piotr, grand, blond aux yeux bleus et à l’allemand parfait est vite repéré et envoyé dans une famille aisée, les Kaltenbach. Le père, un scientifique connu, se plie volontiers aux désirs de l’état nazi et toute la petite famille est pleinement investie dans l’évolution et le soutien des forces hitleriennes. Piotr, désormais nommé Peter, n’est pas en reste et s’intègre parfaitement dans sa nouvelle vie. Il est heureux dans cette famille et le prouve en intégrant lui aussi les jeunesses hitleriennes avec ambition, il désire devenir pilote de la fameuse Luftwaffen. Sa voie semble tracée. Un jour néanmoins, il rencontre Lena Rieter avec qui il se lie d’amitié très fortement. La famille Rieter, très respectée par le parti, s’oppose en fait à l’idéologie nazie et aide des familles juives en fuite. Au contact de Lena, Peter va découvrir une vie et une jeunesse berlinoise complètement différente. Il sort dans des clubs de jazz, frôle avec l’interdit et développe sa capacité à réfléchir différemment, par lui-même. Il prend à peu conscience de toute l’horreur des actes de l’état nazi. La découverte d’une origine juive lointaine déclenche chez lui le déclic et il décide alors de passer de l’autre côté. Il a choisi son camp. Il s’enfuira avec Lena et sa famille…

    Étranger à Berlin est un très beau livre sur un thème pourtant déjà bien souvent traîté. Le rythme y est enlevé tout au long des 400 pages, faites de rebondissements et de véritables aventures. La lecture y est tout simplement passionnante. La vision de l’intérieur des pratiques nazies de l’époque est tout simplement terrifiante. Les personnages de Piotr et de Lena sont très attachants et on se laisse littéralement embarquer dans cette histoire. Étranger à Berlin est un excellent roman, original et bien écrit, sur la seconde guerre mondiale.

  • les photos de la venue de wendy Guerra

    Un grand merci à Wendy Guerra et à Claire des éditions Stock
    de nous avoir rendues visite vendredi dernier...
    encore une belle rencontre...
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  • nos clients vous parlent de leurs lectures #11

    41SQ0X7BVVL__SL500_AA240_.jpgSur les ailes du chant

    Thomas Disch

    Folio SF - 7 €

    Daniel Weinreb rêve. Il rêve qu'il vole. Et pour voler il faut chanter. Mais comment voler dans l'iowa féodal des undergoder, « et ce n'est pas pour rien qu'on surnommait l'Iowa et les états de la ceinture fermière les états policiers » ; les mêmes qui rêvent parfois de monter une armée pour reprendre Sodome York. Et comment voler quand les terroristes détruisent le pipe line qui relie cette Amérique déliquescente aux réserves de pétrole de l'Alaska.

    Daniel a un copain et ce copain appartient à la classe dirigeante. Et un jour ce copain disparaît lors d'une virée non autorisée à Minneapolis. Alors Daniel va goûter la prison sans gardien, celle où l'on ingère dans son estomac le losange P.-W. rendant toute idée d'évasion explosive et définitive. Mais Daniel va sortir et Daniel sait désormais que ce qu'il veut. Daniel veut voler. Mais Daniel chante comme une casserole. Et bien plus que ça, il n'a pas la foi. Gus le lui a dit, pour voler il va falloir qu'il « fasse de sa vie un gachis complet ».

    Livre prophétique, « sur les ailes du chant » de Thomas Dish est de la spéculative Fiction politique qui à partir d'une crise de civilisation majeure qui voit s'effondrer le capitalisme, esquisse à grand trait les prémisses d'une civilisation nouvelle où le vol conduit à l'abandon de toute matérialité. Le dernier livre, dans le monde de l'opéra rappelle "les eaux de Mortelune" de Cothias et Adamov (bien qu'il s'agisse sans doute d'un emprunt inverse).

    La fin est bien entendu sublime, sur les paroles célèbres et lointaine de l'hymne américain.

    Prophétique, ce livre écrit en 1978 l'est également par la peinture sociale de ce monde en déréliction dans laquelle il me semble percevoir des échos de notre société actuelle défractée et éparpillée par Internet « il y avait en gros deux sortes d'individus... : ceux qui venait du monde du spectacle... et des policiers. On aurait certes pu trouver une troisième catégorie – plus vaste que chacune des deux autres... -- les chômeurs. Mais presque tous étaient soit des artistes, soit des flics au chômage... »

    « le système économique s'était résolu en ses composantes atomiques : chaque homme était devenu son propre camp fortifié ».

    A lire et à relire

     

    Richard Peirano

     

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    37772.jpgLe dernier message Nemesis

    Catherine MacPhail

    Pocket jeunesse - 13.50 €

     

    Un adolescent se réveille dans un immeuble. rien de plus normal, n'est-ce pas ? Si ce n'est que ce garçon se retrouve dans un immeuble inconnu, dans la cage d'ascenseur, avec pour unique compagnie un homme agonisant recouvert de sang. avant d'expirer, le mourant murmure quelques mots : Gars. Torse. Empêche. Chamade. Que signifient-ils ? Le pauvre adolescent n'en a aucune idée, d'autant plus qu'il est totalement amnésique. C'est alors que surgit une jeune fille qui devient totalement hystérique à la vue du cadavre; Ne pouvant la calmer, notre amnésique s'enfuit, de peur d'être désigné coupable... Ce qu'il ne sait pas encore, c'est que quelqu'un veut sa mort... Commence alors une véritable traque qui nous tient en haleine jusqu'à la fin...

    Elise Guillot

     

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    43474806_p.jpgEon et le douzième dragon

    Alison Goodman

    Gallimard jeunesse - 19 €

     

    L'auteur écrit bien et c'est vrai qu'on se croirait assez dans le clan des otoris, au niveau de l'ambiance. Mais je trouve que l'histoire ressemble beaucoup trop à celle d'Eragon. Un apprenti pas bien doué qui trouve le dragon, qui est estropié (Eragon est estropié, du moins dans le premier tome à cause de la blessure de son dos). Eon, après être tombé en disgrâce aux yeux de tous quand ils apprennent que c'est une femme, finit par sauver tout le monde, et se retrouve en exil prête à aider les rebelles (voir Eragon avec les Vardens). Je trouve que c'est dommage que les histoires soient à ce point semblables, parce que sinon l'histoire est très bien faite et j'ai même envie de lire la suite, le seul problème c'est qu'à mon avis il n'y aura pas trop de surprise.

    Chloé Marchandeau