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  • L'Eternité n'est pas si longue (Fanny Chiarello) - Chronique de Guillaume #42

    eternite pas si longue.jpgL’Eternité n’est pas si longue

    Fanny Chiarello

    Editions de l’Olivier – 19€


    Nora est une jeune femme merveilleusement à fleur de peau. Curieuse de tout, surtout de détails qui n’ont d’importance qu’à ses yeux, souvent mélancolique, elle ne côtoie guère d’autres personnes en dehors de Pauline, son amoureuse, et de ses trois indéfectibles amis (Judith, Raymond, Miriam). Et encore, cette cohabitation s’avère parfois délicate tant sa vision du monde diffère. Il faut dire que Nora a côtoyé la mort, creusant du même coup un fossé entre elle et le reste de l’humanité.

    Arrive alors un pseudo-scientifique aux théories écologistes radicales prédisant la fin imminente du genre humain. La frontière entre Nora, ses petits carnets et les autres s’en verrait-elle abolie ? D’autant plus qu’apparaissent les premiers cas de variole…
     
    Une fin du monde aigre-douce, fort éloignée des clichés en vogue portés par le vacarme hollywoodien. Un sens du tragique hors du commun qui manie tour à tour l’émotion, l’humour, la cruauté. Une écriture belle et précise, parfois complexe, mais toujours juste.

    Gros, GROS coup de cœur.

  • La fête de la terre 2010

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    Retrouvez nous tout ce weekend à la fête de la Terre à Fontaine Daniel

     

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    Tout le programme de la fête de la Terre à consulter ici

  • Blaise opus 2 (Dimitri Planchon) - Chronique de Guillaume #41

    blaise2.jpgBlaise opus 2

    Dimitri Planchon

    Glenat – 10€

     

    Après un premier tome narrant la vie de Blaise, enfant coincé dans un pays ressemblant étrangement au nôtre, Dimitri Planchon, dans cet opus 2, nous évoque son adolescence . Les quelques libertés individuelles qui restaient dans le premier tome semblent avoir pris du plomb dans l’aile. Et les fréquents bombardements n’arrangent rien. Mais, autour de Blaise, les citoyens, stoïques, à cheval sur leurs principes, continuent de vivre malgré tout…

     

    On avait adoré Jésus et les copains, la première bd de Dimitri Planchon. Blaise 1 nous avait bien fait marrer. Ce second tome, au moins aussi drôle, gagne en férocité. Cette dictature en guerre où règne apathie, bêtise et snobisme nous semble bel et bien destinée voire méritée. Et si l'on n’en riait pas aussi allègrement sans doute serions-nous saisi d’effroi.

     

    Sans doute le meilleur remède à la connerie sur le marché actuellement. 

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  • Il était une fois une vieille dame qui avait avalé une mouche (J. Holmes) - chonique de Guillaume #40

    9782354130992FS.gifIl était une fois une vieille dame qui avait avalé une mouche

    Jeremy Holmes

    Mineditions - 14 €

     

    On ne peut faire titre plus évocateur pour cette histoire fort indigeste ! Heureusement, ce problème d’insecte avalé ne concerne que cette vieille dame qui, pour notre plus grand amusement, va recourir à une médication des plus surprenantes. Une seule question pertinente à la fin de chaque page va-t-elle y survivre ?

     

    Un livre-objet de très belle facture ! Des illustrations finement ciselées font le contrepoint parfait d’une comptine aussi drôle que cruelle.

     

    Un régal.

     

     

     

    Un petit cadeau rien que pour vous:

    There Was An Old Lady from Jeremy Holmes on Vimeo.

  • Le plus grand footballeur de tous les temps (G. Zullo) - chronique de Simon #80

    9782889080502,0-598662.jpgLe plus grand footballeur de tous les temps

    Germano Zullo

    Encrage, La Joie de Lire - 13 €


    Le plus grand footballeur de tous les temps n’a rien d’un roman classique sur le football. Son titre, un peu racoleur, pourrait en tromper plus d’un. Car ce roman est beaucoup plus malin qu’il n’y parait. D’abord, ce livre ne parle pas uniquement que de foot, loin de là. Ensuite le narrateur, un jeune garçon, n’est pas celui qui pourrait prétendre à ce titre élogieux. Enfin, le tout est écrit avec beaucoup de finesse et de justesse.

    Si le récit tourne bien autour du football (avec les termes techniques, les références qui vont avec) c’est plus la vie du personnage principal, ses ressentiments et ses rencontres qui comptent dans ce livre. Alors qu’il est incontestablement doué pour le foot, notre héros se lasse peu à peu et son niveau de jeu s’en ressent. Comme en plus, ses résultats scolaires suivent la même voie, on peut dire que ce jeune homme se cherche. Sa première vraie histoire amoureuse avec  Giuliana, sa découverte des livres par le biais de la science-fiction, ses difficultés relationnelles avec ses parents… c’est cela le vrai sujet de ce roman. Et tout cela est très bien rendu. Bien écrit, sur des sujets délicats bien traités, ce roman mérite une attention particulière et ils ne sont pas si nombreux que cela quant il s’agit de romans autour du sport…

     

    allez un petit plaisir...



    Mano Negra - Santa Maradona
    envoyé par Floyd-out. - Regardez d'autres vidéos de musique.

  • Le petit Gus fait sa crise (C. Desmarteau) - chronique de Simon #79

    9782226209337,0-1103853.jpgLe petit Gus fait sa crise

    Claudine Desmarteau
    Albin Michel - 12,90 €

    "Le cerveau d’une fille, c’est pire qu’un problème de maths parce que dans les maths, y’a de la logique." Voici le genre de phrase à laquelle seul le petit Gus peut prétendre…

    Enfin ! Après plus de deux ans d’attente et la triste disparition des éditions Panama, on attendait avec impatience des nouvelles de notre ronchon préféré, le petit Gus. Après tout ce temps, il a bien grandi et c’est avec énormément de plaisir que l’on retrouve ses aventures familiales. Dans cette famille, plus que moyenne, on retrouve donc Gus, le nouvel héros des temps modernes, sorte de Petit Nicolas réactualisé aux mœurs d’aujourd’hui. On trouve également son frère Romain de plus en plus ado, sa sœur Delphine qui vient de ramener un rat à la maison, son père plus radin que jamais et sa mère qui ne voit plus que par les livres de Aldo Nouillerie (ne voyez surtout aucune référence… ).

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    (merci à Gawou pour cet emprunt d'image...)

     

    Toute cette joyeuse compagnie est donc à nouveau réunie pour le second volume de ces aventures. Merci à Albin Michel de reprendre ce personnage, merci à Claudine Desmarteau qui nous offre une nouvelle fois une bonne raison de se se divertir et c’est déjà très bien.

  • Les Magiciens (Lev Grossman) - Chronique de Guillaume #39

    magiciens.jpgLes Magiciens


    Lev Grossman


    L’Atalante – 23.50 €


    Les Magiciens n’est pas un remake de Harry Potter ni du Monde de Narnia ou encore du Seigneur des Anneaux. S’il s’en inspire et Lev Grossman ne le nie en aucune manière, c’est pour bâtir un socle mythologique suffisant pour aller au-delà des champs largement dominés par ses trois œuvres majeures.

    Pour cela, en plus d’une plume et une inventivité remarquable, Lev Grosman a simplement incorporé un ingrédient diablement efficace dans la tête de ses personnages : une psychologie réaliste et fort contemporaine.

    En effet, si les héros habituels font plus ou moins bonne figure en découvrant les mondes incroyables dont ils ignoraient l’existence avant le début du bouquin, les personnages des Magiciens – et en particulier Quentin, le « héros » –  font ce que n’importe lequel d’entre nous ferait : péter les plombs. Et pour assumer des pouvoirs que l’on tire aux forceps de leur corps et de leur âme (c’est un euphémisme !), ils ont recours à des remèdes très classiques comme notamment une consommation plus qu’excessive d’alcool sous toutes ses formes.

    Si on ajoute à tout cela l’asociabilité avérée des personnages et un scénario pas piqué des vers (peut-être un poil tordu par moments), il serait bien étonnant que Quentin et ses amis sortent indemnes des quelques cinq cents pages d’un livre que vous aurez bien du mal à refermer.

  • Richard P. nous parle de René Frégni (partie 2) - nos amis vous conseillent #14

    René Frégni, deux livres pour une même histoire

    2. Tuer et écrire pour échapper à l'enfermement

    Je reviens encore sur ces deux textes de René Frégni, lettres à mes tueurs et tu tomberas avec la nuit que j’ai lu cet été. Si la révolte contre le destin est au coeur des récits,  c’est que le destin, vu comme une suite d’évènements qu’on ne peut maitriser, s’exprime avant tout ici par l’enfermement.

    L’enfermement, René Frégni le connaît d’abord par ces ateliers d’écriture qu’il anime depuis une quinzaine d’années. Surtout quand il en vient, au détour du récit, à parler des histoires que racontent et se racontent les prisonniers. Ces histoires sont là pour permettre aux hommes de garder un peu de dignité et éviter qu’un jour ils ne ressemblent aux murs qui les entourent.

    C’est ensuite à l’Evêché que l’auteur l’expérimente. L’Evêché, c’est le commissariat marseillais dont la description nous renvoie aux geôles et aux oubliettes anciennes, à la rencontre du côté cave de chacun.

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    L’enfermement c’est enfin quand un juge prend possession du cerveau de l’écrivain comme une tumeur et qu’il l’empêche de faire ce qui le fait vivre : écrire pour manger peut être mais surtout écrire pour vivre. L’écriture devient alors un moyen de lutter contre l’enfermement, de sortir.

    Nous revient alors l’expérience carcérale d’un autre manosquin, Giono, qui sur les murs de sa prison, marseillaise également, traçaient des cartes imaginaires. Comme si on pouvait enfermer les écrivains ! Et surtout comme si, aussi, l’enfermement n’était pas avant tout mental !

    Avec la révolte initiale, le destin peut alors laisser sa place à l’histoire, celle de deux hommes qui luttent pour leur survie, l’un est un personnage et l’autre est son auteur.

    L’écrivain Frégni dit alors les deux voies possibles. L’une commence avec la nuit (tu tomberas…), l’autre semble être la seule réponse quand on arrive au bout de la nuit (lettre…). Mais l’écriture est plus forte que la nuit. Car si la voie sombre du crime conduit à la mort (lettre…) ; la voie lumineuse de l’écriture conduit à la délivrance (tu tomberas…). La réponse que donne le roman est la part sombre de la réalité (lettre…), l’histoire qui se serait passée si Frégni avait choisi de tuer le juge, comme il le dit au début de son autobiographie (tu tomberas…).

    L’alternative est donc la suivante, soit il faut alors choisir le monde de la nuit et donc le meurtre, la prison et au final la mort (lettre…), soit il faut revenir au jour et c’est la plume qui devient la solution (tu tomberas…). Car seule la plume peut conter la mort, celle qui écrit la « lettre ». L’écrivain renaît (René?)  alors !

    Et que dit-il de cette mort (lettre…) ? Il faut alors je crois interroger Vengo De Toni Gatliff. La mort de l’écrivain résonne alors avec la mort de Caco. Un flamenco mécanique aux étranges airs d’enfance. Une mort solitaire dans un lieu improbable. La fin inéluctable du père qui n’a pas protégé l’enfant. Lettre à mes tueurs est alors surtout l’écriture angoissé d’un romancier. Comme si écrire pouvait protéger de la mort ! La sienne, peut être mais surtout celle des autres.

    L’écriture est le miracle de ces deux livres. Une écriture identique qui raconte une même histoire selon deux angles différents : roman ou autobiographie. A chaque angle correspond ce choix fondamental des protagonistes que l’on peut exprimer selon différentes perspectives, toutes justes : écrire ou tuer ; vivre ou mourir ; sauver les siens ou les abandonner au destin ; veiller ou s’endormir.

    Il faut alors soit tuer le juge et s’endormir dans les chiottes d’une école maternelle, soit écrire son histoire et essayer tant bien que mal de retisser son existence. Ce qui pose alors la question de la réalité et de la manière de dire la réalité avec des mots ? Seul le récit est alors à même de dire ce qui s’est passé. L’histoire devient une histoire. Ce n’est pas nouveau mais le constater dans ces deux livres les rends encore plus passionnants.